La «fiesta» annuelle de la Tohu

La coporte-parole de la Falla, Myriam Fehmiu
Photo: Michel Valiquette La coporte-parole de la Falla, Myriam Fehmiu

Chaque année, la Tohu offre la Falla, sa fiesta gratuite. Inspiré d’une tradition de Valence, le projet comporte une dimension communautaire qui permet à des jeunes, les falleros, de profiter d’une riche expérience, de même qu’un volet culturel avec cinéma, pyrotechnie, danse et plusieurs autres éléments, dont beaucoup de musique. Cette année, la Falla reçoit entre autres Wesli, Samito, Bears of Legend, Salamate Gnawa, les Productions Kalabanté, Bumaranga, Amity Meria et Just Wôan. Rendez-vous sur le site de la Tohu jusqu’à dimanche.

« Je pense que ce qui est intéressant de faire ressortir, c’est vraiment ce double mandat de rejoindre le public avec une programmation culturelle de haut niveau, mais aussi de donner un coup d’envoi à un projet communautaire qui va culminer l’année prochaine, fait valoir Myriam Fehmiu, la coporte-parole de cette année. Ce projet m’a beaucoup interpellée parce que, avant d’être journaliste, je travaillais en développement international. Donc, voir un événement comme celui-là, qui implique une communauté dans un quartier et qui devient une façon de mettre en valeur la culture d’ici et d’ailleurs, pour moi, tout est là. »

Chaque année, des jeunes de seize à dix-neuf ans du quartier Saint-Michel réalisent une falla, une sculpture de bois et de papier d’une douzaine de mètres de haut. Puis, en août suivant, on y mettra ultimement le feu dans un geste qui symbolise la renaissance. Dans le cadre d’un projet d’insertion professionnelle, les falleros pourront s’initier à la menuiserie, au moulage, à la sculpture et à la peinture. Ils seront entourés de professionnels, d’artistes et de plus de deux cents citoyens du quartier. « Pour eux, c’est une première expérience de travail. Pour certains, c’est aussi un apprentissage de la langue française, dans un milieu très créatif », résume Myriam Fehmiu.

Contrairement aux années passées, on ne fera pas d’embrasement de la sculpture le samedi soir, le projet étant dorénavant échelonné sur une période de deux ans. « Mais avec un grand spectacle de projection et un feu d’artifice, on va dévoiler l’architecture de la structure qui va être embrasée l’an prochain », explique la journaliste-animatrice.

Nos choix à la Falla

La programmation de la Falla est digne d’intérêt : un village berbère est installé durant tout le week-end, une fête au village est prévue pour samedi et un grand rassemblement familial avec spectacle de marionnettes et danse gumboot est organisé dimanche. Parmi les musiciens au programme de la Falla, voici quelques suggestions :
 
Danse et cirque des Productions Kalabanté
 
Myriam Fehmiu les connaît bien : « J’ai découvert cette troupe quand j’habitais en Guinée-Conakry en 2004-2005. Le leader Yamoussa Bangoura est déménagé à Montréal quelques années plus tard, mais il a continué la production de cirque et de danse. Il continue de former les jeunes de son école en banlieue de Conakry. »
 
Wesli

 
Cette année, il a fait paraître deux disques : ImmiGrand, qui célèbre la grande famille des « métisseurs » montréalais dont l’esprit rappelle celui de la Falla, et Ayiti étoilenouvelle, qui met en évidence la musique roots et dont les profits serviront au financement d’une école de musique dans le quartier Lalue à Port-au-Prince. Une présence tout indiquée pour la Falla.
 
Samito
 
Choisi à juste titre Révélation Radio-Canada 2015 en musique du monde, il est sur toutes les scènes estivales. Homme au charisme tranquille, il propose pourtant un méchant groove avec son afroélectro singulier mâtiné des rythmes de toutes les régions de son Mozambique natal.
 
Bears of Legend
 
C’est un folk de Shawinigan, classique ou actuel, empreint de prog ou d’influences « métalleuses » et amérindiennes. Le groupe montera sur la scène après le dévoilement numérique de la falla qui sera construite en 2016.

Sur le site de la Tohu du 14 au 16 août. Renseignements : 514 376-TOHU.



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