Le Quasimodo Trio, du tango à l’âme contemporaine

Le compositeur bandonéoniste Daniel Ruggiero assure qu’«Acontrayumba», le nouveau disque, est le plus tanguero de leurs albums.
Photo: Nina Abrevaya Le compositeur bandonéoniste Daniel Ruggiero assure qu’«Acontrayumba», le nouveau disque, est le plus tanguero de leurs albums.

Au centre de l’excitant renouveau du tango de Buenos Aires avec des groupes comme Astillero, Quinteto Negro La Boca et plusieurs autres, le Quasimodo Trio mélange le grand genre argentin avec des éléments de jazz, de musique impressionniste ou plus contemporaine : une signature sonore singulière qui se fera entendre dans différents contextes lors du 13e Festival international de tango de Montréal qui débute ce mardi. Le Quasimodo Trio y assure l’ouverture et la clôture, en plus d’animer un souper-spectacle et de livrer un hommage au légendaire pianiste et chef d’orchestre Osvaldo Pugliese. Dans certains cas, de réputés danseurs occuperont le devant de la scène avec eux et dans d’autres moments, deux musiciens s’ajouteront au trio et se produiront sous le nom de Quinteto Daniel Ruggiero. Des activités gratuites sont également prévues, dont cette prestation aux Serres municipales de Verdun ce mercredi.

Depuis une décennie, le Quasimodo Trio a fait paraître trois disques. Le compositeur bandonéoniste Daniel Ruggiero présente : « Notre répertoire est basé sur nos compositions, et notre musique est teintée de notre formation classique, mais il y a eu une évolution. Par exemple, Acontrayumba, le nouvel album, est le plus tanguero des trois, non pas parce que les influences jazz et classiques sont absentes, mais parce que chacune des pièces renferme un fort sentiment de tango. »

Sur le plan du grand genre portègne, le Quasimodo Trio s’inspire de grands maîtres, comme Osvaldo Pugliese, Astor Piazzolla, Horacio Salgán et Aníbal Troilo. Mais il en est d’autres, issus de l’avant-garde des années 1960, comme Juan José Mosalini, Gustavo Beytelmann et Daniel Binelli qui ont encouragé les efforts du groupe dès ses débuts. À ceux-là s’ajoutent d’autres influences : « Du côté du jazz, les Miles Davis, Charlie Parker, Bill Evans et Chick Corea nous ont beaucoup appris », explique Daniel Ruggiero. « Il y a aussi l’impressionnisme. Plusieurs de nos pièces ont aussi à voir avec l’esprit de Ravel, Debussy, Satie et Fauré. En plus, nous intégrons la sensibilité contemporaine d’un Stravinsky ou la saveur nationaliste de Bartok ».

On est donc loin du tango postalero (carte postale), mais la base du tango demeure forte et le groupe peut jouer pour la danse avec bandonéon, contrebasse et piano. Daniel Ruggiero est le fils d’Osvaldo Ruggiero, celui qui joua le bandonéon auprès de Pugliese pendant presque trente ans. « Mon père s’est joint à l’orchestre dès sa formation en 1939 », dit Daniel. « L’enseignement le plus important que je retiens de Pugliese fut son organisation interne. Son groupe était une coopérative, et chaque membre apportait quelque chose au niveau de l’arrangement ou de la mélodie. » Décédé il y a vingt ans, Pugliese a exercé une forte influence sur la musique argentine pendant plus d’un demi-siècle.

Quoi d’autre au Festival de tango ?

Des soirées milongas au théâtre Rialto, quelques films sur le monde du tango, des ateliers de formation, beaucoup de danse avec des artistes de grand calibre, dont certains sont parmi les champions du monde, et l’ensemble montréalais Fiestango qui se produit à quelques reprises à la Grande-Place du Complexe Desjardins et qui participe au festival pour la cinquième fois. La formation propose un mélange de grands classiques et de compositions originales.

Mardi 11 août : ouverture avec le Quasimodo Trio et le Quinteto Daniel Ruggiero

Daniel Ruggiero au Festival international de tango de Montréal

Jeudi 13 août : souper-spectacle avec le Quinteto Daniel Ruggiero et des danseurs