La machine Malajube repart

Forts de nouvelles expériences musicales vécues chacun de leur côté, les membres de Malajube ont gagné en « sagesse » et repartent ensemble sur des bases musicales un peu différentes.
Photo: Jospeh Yarmush Forts de nouvelles expériences musicales vécues chacun de leur côté, les membres de Malajube ont gagné en « sagesse » et repartent ensemble sur des bases musicales un peu différentes.

En pause depuis presque trois ans déjà, le groupe rock Malajube profitera le samedi 8 août de l’intimité du petit festival La Grosse Lanterne, installé en plein bois montérégien, pour offrir son unique spectacle de l’été — et son premier depuis novembre 2012. L’idée ? Forcer un peu le réveil de la bête, et remettre le quatuor sur la piste d’un nouvel album, qu’il prévoit faire paraître l’an prochain.

C’est le chanteur du groupe, Julien Mineau, qui a confirmé au Devoir ce retour sur disque de Malajube. Déjà, Julien, Francis Mineau, Thomas Augustin et Mathieu Cournoyer ont créé quatre nouvelles chansons au fil des derniers mois. « On recommence ça. On a tous d’autres projets, ça ne sera plus monogame, mais on recommence ça tranquillement », raconte Julien.

Julien Mineau estime que le groupe, qui a déjà quatre albums en banque, semble reparti sur des bases musicales un peu différentes, fort de ces projets parallèles mis en avant depuis sa pause, dont son Fontarabie, le Jacquemort du claviériste Augustin et l’Oothèque du batteur Francis Mineau.

« On a tous appris depuis, c’est pas comme si on repartait de la même place. Quand on rejoue les tounes de Malajube, on les joue mieux qu’avant ! C’est moins éparpillé. Sinon, c’est juste moins de stress, y a pas de leader. S’il y a quelqu’un qui ne veut pas faire quelque chose, on ne le fait pas. Avant, ç’aurait été différent. Si y en avait trois quivoulaient et unpas, c’était les trois qui gagnaient. Maintenant, on respecte plus tout le monde, je pense. »

Suzanne aux yeux noirs

Onze ans après le court mais puissant album Le compte complet, Julien Mineau admet qu’il y a un peu plus de « sagesse » que jadis chez Malajube. Mais il assure que le prochain disque ne sera pas plus porté sur la chanson. « C’est pas dans ce sens-là que la sagesse apparaît en tout cas, on veut pas virer chanson comme tout le monde ! On veut plus aller 1990, mettons, plus grunge. Mais c’est peut-être mieux construit, plus précis. Et c’est pas trop dark. »

Tellement que les quatre nouveaux morceaux portent le nom… de fleurs. « Ben, ça ne parle pas littéralement de fleurs, mais je me renseigne sur telle ou telle fleur, et puis j’essaie de faire des parallèles avec une vie d’humain. » Par exemple ?
« Mettons Suzanne aux yeux noirs, c’est le nom d’une fleur, et c’est une des tounes. Je trouve que ça fait des beaux titres ! » On peut dire que ça fait changement des labyrinthes, des insectes et autres maladies.

Commencer en forêt

Malajube a en partie choisi de jouer au festival La Grosse Lanterne pour donner un coup de main à l’événement, qui n’en est qu’à sa deuxième édition. Aussi, le groupe ne voulait pas faire un gros retour, ne voulant pas trop miser sur un gros concert aux Francos, par exemple.

Les quatre musiciens y présenteront les vieux hits, les chansons qu’ils aiment jouer, et aussi quelques-uns des nouveaux pétales de leur répertoire. « On ne voulait surtout pas se sentir trop has been, il fallait au moins jouer ce qui est un peu plus actuel. »

Mineau croit-il que Malajube est déjà has been dans les yeux du public ? « En fait, je pense que ça ne dérangerait pas le monde [qu’on refasse juste les vieilles chansons], mais de mon côté, j’aurais le sentiment qu’on n’aurait plus jamais besoin de refaire de disques, qu’on pourrait juste faire les quatre mêmes albums, et faire six shows par été et that’s it. Je sens que c’est illogique. »

Et la tentation de monter une tournée a été forte, car les offres ont été nombreuses à la suite de l’annonce de leur concert à La Grosse Lanterne. « C’est sûr qu’on aurait pu faire la passe cet été… On la fera l’année prochaine ! », rigole Julien Mineau. D’ici là, ils ont quand même un disque à inventer.

Le festival en quelques points

C’est quand ? Les 7 et 8 août.

Qui d’autre y sera ? Loud Lary Ajust, Karim Ouellet, Koriass, Milk & Bone, Ponctuation, Bernhari, et d’autres. 

Comment s’y rendre ? Le festival offre du transport de groupe à 15 $ le trajet et organise du covoiturage sur sa page Facebook. Les frais de stationnement sur le site sont reversés à un organisme environnemental.

Où dormir et quoi manger et boire ? Il y a un camping payant sur place. Des food trucks et des producteurs locaux sont installés sur le site. L’alcool doit être acheté sur place.

Détails : http://www.grosselanterne.com.