Dix ans dans les oreilles

«On sent qu’il faut donner une place importante, maintenant, à des artistes internationaux importants», dit Nick Farkas.
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir «On sent qu’il faut donner une place importante, maintenant, à des artistes internationaux importants», dit Nick Farkas.
Osheaga installera ses scènes pour une dixième fois au parc Jean-Drapeau le week-end prochain. À l’approche des festivités anniversaires, Le Devoir s’est entretenu avec le grand manitou de la programmation du festival, le vice-président des concerts et événements chez Evenko, Nick Farkas. Retour sur un événement qui, en dix ans d’existence, a su prendre de l’ampleur et se positionner comme un des points forts nord-américains de l’été.
 

D’une programmation d’une cinquantaine d’artistes en 2006 à plus de 120 concerts prévus aujourd’hui, le rendez-vous des mélomanes du milieu de l’été montréalais a bien grandi. Pour son dixième anniversaire, l’équipe de programmation est allée piger dans le meilleur du passé. Un genre de succès souvenir à la sauce Osheaga, quoi. « On est contents d’avoir un petit volet historique, explique en entrevue téléphonique M. Farkas. Certains artistes de la toute première année vont être là, comme Ben Harper, qui était notre tête d’affiche à l’époque. Patrick Watson aussi est prévu, il était là il y a dix ans. » De ceux qui ont déjà offert des prestations au parc Jean-Drapeau, on compte aussi notamment Weezer, The Black Keys et Florence and the Machine.

Mission : découverte

Et la sélection, comment a-t-elle changé ? « Au début, on engageait des artistes en ayant en tête la découverte, poursuit Nick Farkas. En 2006, les musiciens n’explosaient pas aussi vite qu’aujourd’hui. On sent qu’il faut donner une place importante, maintenant, à des artistes internationaux importants. Le public demande ça. »

Il mentionne que l’envie de faire découvrir est toujours là, mais l’objet de la découverte s’est transformé. « Ce qu’on fait depuis quelques années, maintenant, c’est qu’on programme des artistes établis d’autres générations, qui sont moins connus de notre public cible. L’an dernier, c’était les vieux punks de The Replacements et Nick Cave, l’année d’avant, New Order et The Cure. Ce sont des groupes avec lesquels j’ai grandi, et on se fait plaisir en les mettant au programme. »

Car le public aussi a évolué, en dix ans, affirme le vice-président. Si les premières années de l’aventure, les festivaliers étaient des mélomanes confirmés, dans la fin vingtaine ou la trentaine, ils sont surtout constitués de la jeune tranche des « milléniaux », aujourd’hui. « Nos spectateurs ont entre 20 et 25 ans, environ, maintenant. »

Aujourd’hui considéré dans les mêmes catégories que d’imposants événements comme Bonnaroo ou Lollapalooza, Osheaga a réellement pris sa place au sein des ligues majeures en 2011, à la venue du rappeur américain Eminem, croit Nick Farkas. Il considère d’ailleurs ce concert comme l’un des plus grands moments du parcours. « C’est encore plus gros que ce qu’on pouvait imaginer au début, affirme-t-il. De voir son festival comparé à Coachella, c’est vraiment l’fun ! »

Nos choix à Osheaga

FKA twigs La chanteuse de R&B expérimental britannique est l’une des artistes les plus intéressantes du moment. Elle chante, danse et envoûte quiconque la croise. Sur la scène Verte, vendredi à 20 h.

The Thurston Moore Band L’ex-leader de Sonic Youth est un vrai mythe vivant. Pour les rockeurs nostalgiques des années 1990. Sur la scène des Arbres Stingray Musique, vendredi à 19 h 15.

Christine and the Queens Française à la dégaine de Patti Smith, Héloïse Pélissier est la révélation chanson de l’année. Sur la scène Verte, samedi à 16 h 50.

Weezer La bande de Rivers Cuomo a vieilli, mais sait toujours attirer les foules. On y va pour les mégasuccès Buddy Holly et Island in the Sun, des tubes d’été immanquables. Sur la scène de la Montagne Molson Canadian, samedi à 20 h 20.

Kendrick Lamar Le rappeur originaire de Compton est l’incontournable sensation hip-hop de 2015. Son plus récent album, To Pimp a Butterfly, marie rimes bien tournées et refrains accrocheurs. Sur la scène de la Rivière Virgin Mobile, samedi à 21 h 20.

Toro Y Moi La « chillwave » caractéristique pondue par l’artiste Chazwick Bradley Bundick est l’un des projets les plus groove des dernières années. Sur la scène des Arbres Stingray Musique, dimanche à 17 h 40.

The War On Drugs Leur chanteur Adam Granduciel a publié l’un des albums les plus complets et profonds de la dernière année, Lost in the Dream, fait d’un rock aux accents sudistes. Sur la scène de la Rivière Virgin Mobile, dimanche à 17 h 20.


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