Au-delà des bons souvenirs

Keith Urban
Photo: Francis Vachon Le Devoir Keith Urban

Des moments d’exaltation aux irritants, en passant par les surprises et les déceptions, retour sur un autre Festival d’été mémorable.

Le moment parfait — Quelques heures avant son concert sur les Plaines, IAM livre un miniconcert impromptu en pleine rue dans Saint-Roch. Des spectateurs apparaissent de partout. On en voyait même sur les toits des immeubles. Tout au long du festival, la nouvelle série « Pop-Up » nous a permis de voir les artistes de plus près, pour moins cher et autrement. Chapeau !

Le moment de l’exaspérant cliché — Keith Urban débarque sur la scène des Plaines avec un gilet des Nordiques et un drapeau du Québec. Skrillex nous avait fait le coût du drapeau la veille. Il y a sûrement des façons plus imaginatives d’établir un contact avec le public. Depuis Paul McCartney en 2008, la recette a tellement été reprise qu’elle ne goûte plus rien.

Le moment de l’impatience — Attente interminable à l’arrêt du Métrobus en route vers la soirée country. Cinq véhicules pleins passent devant l’un après l’autre sans s’arrêter. Le service de transport en commun s’est certes amélioré ces dernières années, mais on peut encore faire mieux. Surtout si on veut convaincre plus de festivaliers de laisser leur voiture en banlieue.

Le moment ukrainien — La formation Dakhabrakha, avec ses chants traditionnels étranges sur fond de percussions débridées, nous a gardés sous la pluie samedi soir. Avec leurs immenses chapeaux noirs et leurs grandes robes blanches, les trois chanteuses avaient l’air de créatures imaginaires et leurs voix et celle de leur compagnon nous ont littéralement hypnotisés. Devant, les familles de la petite communauté ukrainienne de Québec écoutaient la chose, émues, en agitant leurs drapeaux. Étrange, beau et touchant à la fois.

Le moment de qualité — JJ Grey Mofro, à la place d’Youville. Un artiste généreux, une voix imparable, des musiciens hypersolides et un amour contagieux de la musique et de la performance scénique. Ex-aequo avec Charles Bradley and his extraordinaires le lendemain. Ce géant de la musique soul a une voix digne de James Brown et un déhanchement qui ne connaît pas d’âge. On en prendrait des comme ça chaque année.

Le moment du mauvais style de musique — Lors de la soirée électro, on faisait jouer du Bob Marley entre deux groupes. Ces choix apparemment aléatoires ne sont pas toujours heureux pour créer une atmosphère et surtout la maintenir. Un petit changement sur ce plan pourrait rendre l’expérience encore plus agréable.

Le moment de la question — Même si le festival s’est dit clairement opposé au partage des laissez-passer via des compagnies comme Shareapass, le débat est loin d’être clos. Un grand nombre de festivaliers parmi les plus fidèles réclament encore plus de souplesse pour accommoder des visiteurs de passage notamment. À suivre.