Soirées de feu et d’eau

Coups de hanche à gauche et mains dans les airs à droite, sautillements d’un bord à l’autre de la scène… Mick Jagger est une force de la nature.
Photo: Francis Vachon Le Devoir Coups de hanche à gauche et mains dans les airs à droite, sautillements d’un bord à l’autre de la scène… Mick Jagger est une force de la nature.

C’est toujours une sacrée aventure que de traverser le Festival d’été de Québec. Onze soirs de spectacles, presque autant de papiers « sur le site Web et l’application tablette du Devoir ». Entre les Foo Fighters à l’eau et les Rolling Stones devant une foule monstre, les aventures et mésaventures, petites et grandes, se sont accumulées. Bilan de nos journalistes.

Les quatre chansons inoubliables — Quatre titres, c’est tout ce qu’ont eu le temps de jouer les Foo Fighters, groupe très attendu au festival. La pluie tombait dans tous les sens, tourbillonnait, fouettait le chanteur Dave Grohl, coincé sur son trône de fer en raison d’une jambe fracturée. Et le tonnerre s’est mis de la partie, forçant l’annulation du spectacle. Quatre chansons, mais quelle aventure !

La meilleure première partie — Royal Blood, en ouverture des Foo Fighters. Élu meilleur groupe aux Brit Awards, le duo a prouvé qu’il était capable de construire des pièces rock épatantes avec seulement une basse et une batterie. Comment le chanteur et bassiste Mike Kerr manipulait-il son instrument pour en faire sortir autant de sons, autant de textures et de rythmiques ? Il y a un truc, c’est certain.

Les moments boiteux de la programmation — Difficile de jongler avec l’ordre des artistes d’une même affiche. Il faut tenir compte du son, de la popularité et probablement des règles contractuelles et des cachets. À plusieurs reprises dans le festival, il y a eu quelques accrochages en cette matière : les sensations de l’heure Milk Bone avant Foxtrott, encore méconnu ? Les bruyants (mais talentueux) Last Train avant la douce Salomé Leclerc ? The Districts avant les Stones ?

La fois où j’ai perdu mes tympans — Non, je n’avais pas de bouchons, mea culpa. Mais j’ai bien l’impression que, même les oreilles bouchées, j’aurais eu cette sensation de violence sonore pendant le concert de Metz à l’Impérial. Mur de son, guitares martelées, volume au maximum : toute la foule a reçu une claque en pleine face.

Le moment de véritable claque en pleine face — Future Islands, au Parc de la Francophonie. Le chanteur Samuel Herring, bête de scène, se frappait le torse, dansait, battait des bras… et s’est claqué lui-même le visage, deux fois plutôt qu’une. On peut dire qu’il se donne corps et âme, celui-là.

Le moment gériatrique — Les Rolling Stones. Un peu triste, quand même, de voir le batteur Charlie Watts, 74 ans, qui peine à garder l’équilibre en retournant derrière sa batterie, après les présentations d’usage.

Le moment fontaine de jouvence — Les Rolling Stones, encore. Mick Jagger, bientôt 72 ans au compteur, a couru comme un démené pendant deux heures. Coups de hanche à gauche et mains dans les airs à droite, sautillements d’un bord à l’autre de la scène… Cet homme est une force de la nature.

Le moment de plénitude — Croiser, rue Saint-Jean, le chanteur de Galaxie, Olivier Langevin, au lendemain de sa première partie des Stones. Il fallait l’entendre, gamin, les yeux brillants, raconter l’expérience. En voilà un qui flottait sur un nuage.

Les moments « spontanés » — Le festival a organisé quelques concerts « Pop Up », spontanés et livrés dans la rue par des artistes de la programmation. Une idée déjà vue mais non moins brillante, qui a entre autres permis au public de voir de très près IAM, Patrice Michaud, Family of the Year et Ariane Moffatt.