Du rap «vielle école» sous la même étoile

Les Marseillais d’IAM ont livré leurs pièces classiques, mais aussi quelques titres plus récents mais complètement en harmonie avec la signature du groupe.
Photo: Francis Vachon Le Devoir Les Marseillais d’IAM ont livré leurs pièces classiques, mais aussi quelques titres plus récents mais complètement en harmonie avec la signature du groupe.

Il y a toutes sortes de tons et de sons dans le rap. Jeudi soir sur les Plaines, la vieille école du hip-hop a montré à quel point il y a des choses qui ne se démodent pas. Deux groupes vétérans, les Français d’IAM et le trio américain De La Soul, ont joué sous la même étoile, et nous ont fait voyager 15 ans derrière avec du rap aux rythmes simples et efficaces, et aux propos soit engagés ou positifs.

Les Marseillais d’IAM, qui seront à l’Olympia de Montréal ce vendredi, ont livré leurs pièces classiques — dont plusieurs de l’album L’école du micro d’argent —, des hits des carrières solos d’Akhenaton (Je suis en vie) et de Shurik’n (Samourai), mais aussi quelques titres plus récents mais complètement en harmonie avec la signature du groupe.

Vêtus de t-shirts blancs, les membres d’IAM ont fait montre d’un flot impeccable, où les mots, clairs, claquent et résonnent. Mélange toujours épatant de technique et de sens. Et la musique ? Des rythmes précis et posés, très « boom-clap », mixés pour la plupart sur des platines, et qui ne peuvent faire autrement que nous faire hocher la tête et nous accrocher un sourire aux lèvres.

IAM a fusionné quelques titres, dont un passage accéléré mais délicieux où le groupe a enchaîné Chez le mac, Independenza, Bouge la tête et Dangereux. Presque aussi bien que Nés sous la même étoile, où la foule a fait une grande part du travail en chantant le refrain à tue-tête. Akhenaton nous l’avait annoncé en tout début de spectacle : « On va avoir du fun de fou ! » Le pronostic était bon.

De La Soul

Les trois gars de De La Soul avaient le même leitmotiv qu’IAM et nous l’ont répété plusieurs fois, ils voulaient simplement que l’on fasse la fête, que l’on s’amuse. Dave, Maseo et Posdnuos ont eu le sourire aux lèvres pendant toute l’heure de leur prestation, s’adressant au public ayant payé son bracelet du festival, envoyant promener, sourire en coin, ceux dans l’estrade VIP. « Mais vous êtes qui, vous, avec vos cartes dans le cou ? a lancé Dave. Nous, on n’est venu que pour une chose, la musique. »

La musique, justement, a coulé doucement mais certainement, avec des rythmes parfois soul, parfois plus rap classique. De La Soul a fait un petit clin d’oeil au producteur J Dilla, citant aussi plus tard Bloodhound gang : « The roof is on fire. »

Vers la fin, les trois MC rassemblés autour de la table de Maseo, aussi DJ, semblaient chercher un peu quoi proposer au public, parlant à micro couvert. Moment mort, qui allait mener à un moment fort : la pièce Feel Good, de Gorillaz, où ils collaboraient.

Encore une fois, l’énergie était belle, forte, joyeuse.

Samian

En début de soirée, après le catatonique Chester Watson, le rappeur d’origine algonquine Samian s’est amusé devant un public encore anémique, mais quand même intéressé. Accompagné d’un batteur, de la choriste Esmeralda, du claviériste Sandy Belfort et du vétéran DJ Horg — qui lui aussi, à l’ère du tout-numérique manipulait de véritables vinyles —, Samian avait l’air fort heureux, parlant à la foule qui visiblement lui lançait des fleurs. Le rappeur engagé a offert six titres, dont La paix des braves (sans Loco Locass), Tshinanu (sans Florent Volant), et Les miens. Par contre, on ne peut pas dire que la tentative de faire du public une chorale fut un succès. Pas trop grave.

Notre journaliste est hébergé par le Festival d’été de Québec.