La voie parallèle de Québec Redneck

Québec Redneck Bluegrass Project
Photo: Jay Kearney Québec Redneck Bluegrass Project

Vous ne les verrez probablement pas dans la jolie salle feutrée de votre coin de pays. Et il y a peu de chances que votre poste de télé généraliste préféré les invite au petit écran. Mais ils ne s’en formaliseront aucunement. Depuis presque huit ans, de manière complètement autonome, la troupe de folk à boire Québec Redneck Bluegrass Project ratisse le Québec comme pratiquement aucun autre groupe ne le fait, multipliant les spectacles dans les petites salles alternatives, les bars et microbrasseries et autres débits de boissons.

Leur camion de tournée, fraîchement réparé, s’est arrêté au Divan orange à Montréal mercredi, avant de poursuivre son chemin jusqu’à Trois-Rivières et puis Québec, dans le cadre du Festival d’été. Mais ce n’est qu’une partie de leur longue liste de dates prévues partout dans la province. « Y’en a au-dessus de 40 en moins de trois mois, dit Nick Laflamme, qui joue la mandoline dans le groupe. Je ne sais pas si y’a du monde aussi fou que nous autres. Après la tournée, ça nous prend une période de réanimation, de “ relaxage ” un peu pour se remettre de toutes ces émotions-là. On fait une cure post-boisson, une cure de thé et de bouillotte. Bon, on met du gin dans le thé pareil, là, mais… »

 

Fêter, danser, s’éclater

La formation offre une musique folk-bluegrass assez libre, avec des relents de Plume et de musique irlandaise. C’est de la musique pour fêter, pour danser, pour s’éclater. Pensez à Bernard Adamus, à Canailles, mais avec un fond plus punk et les capacités d’absorption d’alcool combinées des Saguenéens et des Jeannois. « Le petit esprit punk, c’est plus dans notre mode de vie et dans ce qu’on dégage comme énergie quand on est sur scène qu’on peut le voir », raconte Laflamme.

Leur mode de vie ? Dans quel sens ? « Présentement, on vit dans le bois, sur le bord d’un lac, s’amuse Nick Laflamme. Y’a JP et sa blonde, Frank, la contrebasse à Frank, sa blonde, moi, avec ma blonde et mon bébé. On a quatre poules, huit cailles, deux canards, quatre lapins, un chat. »

Leur parcours en marge des sentiers habituels n’en est pas un choisi plus qu’il ne le faut, Québec Redneck ayant plutôt suivi son instinct. « On n’a pas décidé de ne pas intégrer le réseau, on n’a pas décidé de ne pas s’inscrire à Star Académie, à La voix, ou même aux Francouvertes, on s’est jamais posé la question à savoir si c’était une route à prendre pour le band. Dans nos anciens groupes de punk, de rock, on a toujours eu ce réflexe d’aller jouer dans les bars, les microbrasseries. Ç’a toujours été ça notre réalité. »

 

De la Chine à chez vous

Québec Redneck Bluegrass Project est étonnamment né en Chine, dans la ville de Kunming, où Laflamme, le chanteur et compositeur Jean-Philippe Tremblay et Charles Hudon se sont rencontrés. À ce noyau de base se sont joints à différents moments François Gaudreault et le gagnant des dernières Francouvertes Dylan Perron. La formation a trois albums, et a réussi à en écouler près de 6000 exemplaires de manière complètement autonome. Ce n’est que depuis tout récemment que le groupe offre les versions numériques de ses disques. Et les versions physiques seront en magasin dès le 24 juillet.

Le public du groupe est vraiment varié, dit Nick Laflamme, mentionnant qu’il arrive régulièrement de revoir les mêmes visages deux ou trois fois dans la même tournée. « Les parents responsables, normalement, ils ne font pas écouter ça à leurs enfants, ça sacre une fois de temps en temps ! Mais les gens pour qui on joue, ça peut être le joueur de hockey, qui va être à côté d’un punk, qui va être à côté d’un hippie, à côté d’un monsieur qui travaille à l’Agence du revenu. Ça nous fait vraiment tripper. Ça peut être des gens qui trippent sur les trucks autant que des gens qui trippent sur Noam Chowsky ! »

L’actuelle tournée de Québec Redneck Bluegrass Project s’étirera jusqu’à la mi-septembre, et porte le nom de Queue vache queue tour. « Ça vient du grand-père à JP, il avait une ferme, et il appelait les vaches comme ça. Et ce sont les premiers mots que JP a dits quand il était jeune. Pour certains c’est “ papa ”, ou “ maman ”. Non, lui c’était “ queue vache queue  ! Et ça peut aussi dire qu’on appelle les fans. V’nez vous-en ! » Meuh non, ne boudez pas votre plaisir !

Notre journaliste est hébergé par le Festival d’été de Québec.

Québec Redneck Bluegrass Project

À l’Impérial vendredi 17 juillet à 20 h, en première partie de Lisa LeBlanc.