Primus, le groupe en chocolat

Fondé au début des années 1990 à San Francisco, Primus demeure l’un des groupes les plus anticonformistes de sa génération.
Photo: Matt Carmichael Getty Images Agence France-Presse Fondé au début des années 1990 à San Francisco, Primus demeure l’un des groupes les plus anticonformistes de sa génération.

Sept ans après son passage sur les Plaines, le trio Primus nous revient avec une proposition encore plus délirante : un hommage musical à Charlie et la chocolaterie.

En fouillant un peu dans la programmation du Festival, on trouve presque chaque année un spectacle complètement improbable. En 2008, c’était l’orchestre japonais Shibusa Shirazu avec ses chorégraphies de bananes humaines dansant sur du free jazz. On se souvient aussi des chants de gorge hypnotiques de Yat-Kha de la république de Touva (2010) ou des James Brown japonais de Osaka Monaurail (2012).

Cette année, l’excentricité la plus réjouissante est sans l’ombre d’un doute Primus and the Chocolate Factory with the Fungi Ensemble, et ça se passe le soir du 14 juillet au parc de la Francophonie.

Fondé au début des années 1990 à San Francisco, Primus demeure l’un des groupes les plus anticonformistes de sa génération. Le trio qui s’est développé en marge de l’industrie a néanmoins réussi à percer les palmarès avec des albums aux titres comme Pork Soda et Sailing the Seas of Cheese. Les profanes les connaissent sans le savoir comme les compositeurs du générique de la série télé South Park.

Depuis 2013, le groupe présente sa version psychédélique de la musique du film Charlie et la chocolaterie. Non pas celle de Tim Burton avec Johnny Depp, mais bien celle de 1971 avec l’acteur Gene Wilder. La même que le chanteur Les Claypool a vu pour la première fois à dix ans dans le salon de la maison familiale. L’expérience fut apparemment marquante.

À ce qu’on dit, le résultat est à l’image du reste de l’oeuvre de Primus : inclassable, irrévérencieux et coloré. Sur le plan musical, on y retrouvera un mélange de progressif et de funk porté par la voix de personnage de bande dessinée de Claypool. Par ailleurs, malgré l’autodérision qui caractérise l’aventure, on doit s’attendre à des musiciens très compétents. Les Claypool est considéré par le magazine Rolling Stone comme l’un des dix meilleurs bassistes de la scène rock.

S’ajouteront décors de champignons ou de guimauve, une explosion de couleurs dans les costumes et vraisemblablement des extraits du film projetés en fond de scène. Et ne vous surprenez pas d’entendre dans la foule quelqu’un hurler que le groupe est mauvais. La tradition veut que les fans crient « Primus sucks » (« Primus est nul ») pour réclamer des rappels et marquer leur appréciation.

Nos choix ce mardi

Patrick Bruel et Ariane Moffatt

Le Festival d’été souhaite bonne fête aux Français en invitant le chanteur Patrick Bruel (notre photo) en tête d’affiche sur les Plaines. Étrange mélange : c’est Ariane Moffatt en ouverture, qui livrera certainement les pièces de son récent disque 22 h 22.

Sur les Plaines dès 19 h 30

DakhaBrakha

Vêtus de costumes traditionnels ukrainiens, les quatre musiciens de DakhaBrakha mélangent la musique de leur terroir à des formes modernes, rap et dubstep. Polyphonie, tambours, accordéons et instruments à cordes se rencontrent dans un tout franchement ahurissant et hypnotique. Essayez-le, vous adorerez ou détesterez.

Sur la place D’Youville, 21 h 30

 
Philippe Papineau

À 21 h 30 au parc de la Francophonie.



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