Future Islands, de Baltimore jusqu’à… l’espace!

Samuel Herring, le chanteur de Future Islands, au cours d’un concert donné l’an dernier, en Californie
Photo: Imeh Akpanudosen Getty Images AFP Samuel Herring, le chanteur de Future Islands, au cours d’un concert donné l’an dernier, en Californie

Même si le Web permet de construire des carrières musicales, passer à la télé a encore un impact sur la popularité d’un groupe. Et parfois, il se passe quelque chose de vraiment spécial, qui met le feu aux poudres.

C’est ce qui s’est produit avec le groupe rock américain Future Islands, né à Baltimore, et qui a fait écarquiller bien des yeux et ouvert bien des paires d’oreilles après un passage très remarqué à l’émission de David Letterman en 2014. Avec ses mouvements de danse surprenants, son regard ardent directement dans la caméra et son chant émotif, le leader du trio, Samuel Herring, a permis à la formation de faire parler d’elle, et ensuite d’atteindre de nouveaux sommets avec leur quatrième album, Singles.

L’horaire de leur tournée actuelle est assez impressionnant. Le trio indie rock, aux claviers un peu rêveurs, s’arrête justement lundi soir au Festival d’été de Québec, avant de se rendre au Bluesfest d’Ottawa mardi et de repasser à Montréal plus tard pour Osheaga.

Une nouvelle façon d’être occupé

Au bout de la connexion Internet, assis dans le train quelque part entre Québec et Montréal, le bassiste de Future Islands, William Cashion, avoue que la vie du groupe, complété par le batteur Gerrit Welmers, a bien changé. Même la tournée ne se fait plus de la même façon, le groupe multipliant les allers-retours un peu partout sur la planète au lieu de partir en continu pour quelques semaines.

« C’est une nouvelle façon d’être occupé pour nous », rigole Cashion. « Le groupe est devenu notre gagne-pain, notre travail de jour, mais on aime ça. Il y a de bons et de mauvais côtés, comme pour n’importe quel job, mais on continue à faire notre musique de la même façon, même si tout a considérablement pris de l’ampleur depuis la parution de Singles. Je ne crois pas que, parce que le groupe est devenu notre travail, ça aura un effet sur la musique. À part que maintenant, on a plus de temps pour se concentrer là-dessus. »

Cashion avoue que le groupe a hâte de retourner à la maison pour composer de nouvelles chansons, mais la tournée se poursuit encore quelque temps. « En même temps, la scène, pour nous, c’est tout ce qui compte. Quand tu es dans un groupe, il y a plusieurs moments moins intéressants, et beaucoup d’attente. Ce qui fait que la scène devient un grand soulagement. »

À se fier à la prestance du chanteur Samuel Herring, on imaginait que Future Islands piaffait d’impatience en coulisse avant de monter sur scène, mais William Cashion nous corrige. « On ne se surmotive pas trop, quand on monte sur scène, on laisse l’énergie croître de façon assez organique. On se nourrit beaucoup du public. »

Et quand les choses se déroulent rondement, il arrive qu’après coup le chanteur fouine sur YouTube à la recherche de vidéos de leur prestation, question d’analyser le tout. « C’est comme le font les équipes de sport, qui regardent de vieux matchs pour analyser leur performance ! », explique Cashion.

Mille concerts

Le 26 juillet, Future Islands fêtera son millième spectacle lors d’une soirée spéciale à Carrboro, en Caroline du Nord, avec quelques groupes amis, dont Dan Deacon. Un peu manique sur les bords, le groupe avait gardé sur papier la liste exhaustive de leurs spectacles. « On en a fait dans plein d’endroits, dans des maisons, des galeries d’art… Je travaille en ce moment à un poster où j’écris à la main toutes les dates que l’on a faites dans les neuf ans et demi qui viennent de passer, et je réalise qu’on a souvent fait six ou sept semaines de tournée sans jour de congé, ou alors un jour de temps en temps. Je regarde ça aujourd’hui et je ne peux pas concevoir de refaire ça. Je ne comprends pas comment on y est parvenu ! »

Future Islands aurait donc de quoi être satisfait, mais Cashion doute que ce sentiment ne les atteigne avant longtemps. « On veut continuer à faire des disques, et continuer à se promener pour jouer de la musique. Ça sera cool d’être le premier band à jouer live dans l’espace ! » Pour viser haut, Future Islands vise haut.