Les droits à la poubelle, le concert à l'eau

Après Taylor Swift, les Foo Fighters ont refait le coup de l'inacceptable contrat de cession de droits pour les photographes, que «Le Devoir» a refusé. Notre photographe a toutefois capté des images de la foule enthousiaste venue assister au concert de la formation américaine.
Photo: Francis Vachon Le Devoir Après Taylor Swift, les Foo Fighters ont refait le coup de l'inacceptable contrat de cession de droits pour les photographes, que «Le Devoir» a refusé. Notre photographe a toutefois capté des images de la foule enthousiaste venue assister au concert de la formation américaine.

Drôle de soirée samedi sur les Plaines d'Abraham, alors que les Foo Fighters, une des têtes d'affiche principale du Festival d'été de Québec, ont été contraints de mettre fin à leur spectacle après quatre chansons, en raison de ce que le directeur général du festival, Daniel Gélinas, a qualifié au micro de « conditions météorologiques exécrables ».

Ce dernier s'est excusé à plusieurs reprises à la foule monstre présente sur place, avant de lancer : « On va dire comme quelqu'un a déjà dit, à la prochaine fois, peut-être ». Sur Twitter, plus tard, le groupe a écrit : « Québec, on reviendra... Dame Nature gagne toujours... »

La pluie, qui jusque-là donnait un ton dramatique très « rock » à la soirée, étant devenu trop drue, doublée d'éclairs et de tonnerre. Détrempé, le chanteur Dave Grohl a lancé à quelques reprises « It's not safe! », et a été forcé de quitter son trône de fer.

Son trône de fer ? C'est là aussi l'autre côté étrange de cette soirée qu'on aurait bien aimé vous montrer. Grohl s'est fait construite un siège spécial pour pouvoir continuer à donner des spectacles depuis une vilaine fracture de la jambe, le 12 juin en Suède.

Mais vous ne le verrez pas sur nos différentes plateformes. C'est qu'après le cas Taylor Swift la semaine dernière à Montréal, les Foo Fighters ont refait le coup de l'inacceptable contrat de cession de droits pour les photographes. Le groupe désirait approuver les photos, en plus de se les approprier, et empêcher les médias de s'en servir plus qu'une fois, et ce, uniquement dans la prochaine année. Ce à quoi Le Devoir a dit non.

Ledit trône avait quand même de la gueule. Conçue par Grohl alors qu'il était dopé aux antidouleur, la chaise en métal était ornée, sur son large dossier en rond, du logo du groupe, et entourée à sa base de multiples manches de guitare dispersés comme les rayons d'un soleil. À son sommet, de multiples projecteurs étaient installés en éventails. Google vous aidera à comprendre.

La pluie et le vent battaient le visage des musiciens, qui avaient démarré en lion ce spectacle avec trois de leurs titres les plus connus, soit Everlong, Monkey Wrench et Learn To Fly. Something From Nothing aura été l'ultime chanson de la soirée.

Le pied dans une attelle en plastique, qu'il déposait parfois sur un support en métal pour reposer sa jambe, Grohl grattait furieusement ses différentes guitares, qu'un assistant venait lui apporter à son trône. Le chanteur n'avait visiblement pas l'intention de se laisser intimider par la météo malgré quelques sacres, lançant à la foule « Je me fous de ceci [sa jambe], je me fous de cela [le ciel], je me fous de ça ce soir, on va faire un show des Foo Fighters. On aime ça, jouer longtemps. » La suite l'a forcé à revenir sur ses paroles.

Une trentaine de minutes après l'annulation du spectacle, le tonnerre se faisait encore entendre sur les Plaines.

Royal Blood

En première partie, alors que le temps était franchement plus clément, le duo anglais Royal Blood a livré l'essentiel de son seul disque avec une grande intensité. Comme duo, on les placerait proche des Black Keys ou des White Stripes, mais avec la lourdeur de Queen of the Stone Age

À sa façon de jouer de son instrument, le chanteur et bassiste Mike Kerr sonnait davantage comme un guitariste, multipliant les solos joués sur les petites cordes de son instrument, alors que le batteur Ben Thatcher, l'air laconique, martelait tambours et cymbales. « C'est clairement la plus grosse foule devant laquelle on a jamais joué, a lancé Kerr. Mon cerveau ne fonctionne pas en ce moment. » C'est pourtant à ce moment-là qu'il s'est lâché le plus, jouant avec la foule et livrant une performance vraiment trippante, allant jusqu'à faire un clin d'oeil à Black Sabbath. Bref, un choix très judicieux avant les Foo Fighters. Mention spéciale au chandail de Céline Dion porté par le batteur, et à la phrase prophétique de Kerr : « First you see the lightning, then you hear de thunder. »

1 commentaire
  • Jean-Guy Mailhot - Inscrit 12 juillet 2015 14 h 44

    Comme les Conservateurs à Ottawa.

    Voilà que les groupes rock se mettent à décider ce que les photographes de presse, qui travaillent pour nous le public, peuvent photographier, montrer et combien de fois.

    Un stratagème que les Conservateurs à Ottawa utilisent à outrance en choisissant les questions des journalistes ou en leur refusant carrément ce droit de paroles.

    Dans le dernier voyage de Stephen Harper dans l'Artique, les photographes de presse n'étaient pas admis. Le gouvernement fournissait lui-même les photos.

    Félicitations au journal Le Devoir pour refuser d'embarquer dans ce jeu de contôle de l'information, phénomène qui commence à s'étendre à trop de domaines. Je crois que si les journalistes commencent à déserter les situations où ce contrôle s'exerce, les parlementaires, groupes rock, etc, vont y penser à deux fois. Car ils ont besoin des médias pour se faire voir et entendre.