Le tigre, la vache et le lion

Le Festival d’été de Québec (FEQ) se mettait en branle jeudi avec une soirée électro mettant notamment à l'affiche Kiesza.
Photo: Francis Vachon Le Devoir Le Festival d’été de Québec (FEQ) se mettait en branle jeudi avec une soirée électro mettant notamment à l'affiche Kiesza.

Les grands événements électros sur les Plaines sont en passe de devenir une tradition pour les jeunes qui participent au Festival d’été. Encore une fois, l’ÉlectroFEQ a attiré jeudi des dizaines de milliers d’entre eux sur le site où l’artiste Skrillex faisait un retour attendu.

Laurie, Cassandra et Virginie sont arrivées dès 15 h 30 pour participer à l’événement qui s’étirait sur des heures. Âgées de 17 et 18 ans, elles avaient pris le traversier depuis Lévis avec leurs réserves de barres tendres avant de se rendre sur les Plaines.

Sans être de grandes fans de Skrillex, elles ne voulaient absolument pas manquer ça. « C’est le premier show au Festival. Il y a plein de monde, c’est le fun. On vient pour l’ambiance », d’expliquer l’une pendant une petite pause loin du bain de foule. « C’est le fun. Tout le monde a de l’énergie, tout le monde est content d’être là. »

Pour elles, l’événement électro est pratiquement une tradition. Elles étaient là l’an dernier pour Deadmau5. Mais ça ne s’arrête pas là, elles ont l’intention d’aller voir « beaucoup » d’autres spectacles cette année.

Sur les Plaines l’ambiance était bon enfant, malgré les paroles du rap tout sauf bon enfant du groupe AsapFerg, avec des pièces comme Fuck out my Face qu’on a pu entendre vers 20 h. Croisés un peu avant, quatre fans de Skrillex se promenaient déguisés en lion, tigre, vache (et une autre espèce animale dont l’auteure de ces lignes a oublié l’identité). « Moi je suis fan de Skrillex », d’expliquer le tigre. « [Nos costumes], en plus ça fait tripper tout le monde, ça crée un bonheur commun. »

L’événement électro est peut-être celui qui attire le plus de jeunes au Festival d’été, même si on voyait à l’occasion des chaises pliantes et des poussettes circuler sur le site. Les jeunes ont été doublement bien servis par l’événement puisque l’équipe a offert de rencontrer un groupe de 12 jeunes musiciens de l’école l’Ampli avant le spectacle sur les Plaines.

À l’origine, l’atelier devait être donné par Skrillex lui-même, mais il a finalement été déplacé et remplacé par une rencontre avec Zeds Dead… pendant la performance de Skrillex. Parions que certains étaient déçus de ne pas pouvoir être à deux endroits en même temps…

Aucun répit pour les danseurs

Même si Skrillex est beaucoup associé au dubstep, l’événement ratissait beaucoup plus large sur le plan musical, frayant avec l’électro pop ou encore le rap. Bref, il y en avait vraiment pour tout le monde. Au-delà de la musique, l’événement tire son intérêt des projections et des éclairages qui ont commencé à prendre beaucoup de place avec l’arrivée sur scène du duo canadien Zeds Dead. Quasiment hypnostisantes, les figures géométriques qui se succédaient frénétiquement sur l’écran rendaient l’expérience encore plus intense.

C’est d’ailleurs avec l’arrivée de Zeds Dead que la mayonnaise a vraiment pris lundi soir. Leur performance, qui mêlait des séquences de dubstep à des remixages plus accessibles de pièces de White Stripes ou de Bob Marley, n’a donné aux danseurs aucun répit.

Skrillex, qui suivait, se produisait avec l’artiste américain Diplo avec qui il a entrepris une longue traversée du Canada en train, le Full Flex Express Tour. Le duo a livré une performance enlevée avec beaucoup d’interactions avec le public que ce à quoi on pourrait s’attendre pour ce genre de spectacle. L’ambiance sur les Plaines était littéralement survoltée.

Après Québec, le Full Flex Express Tour doit s’arrêter à Montréal ce vendredi au parc Jean-Drapeau. La caravane doit boucler la traversée à Pemberton, le 19, en Colombie-Britannique. Outre AsapFerg et Zeds Dead, elle comprend aussi Tycho, Kiesza, Jack U, Hundred Waters et Mija.