Une taxe FIJM pour les commerces voisins?

«On voit s’éroder les ventes sur le site à mesure que les commerces ouvrent à côté», indique Alain Simard, président fondateur du FIJM.  
Photo: Michaël Monnier Le Devoir «On voit s’éroder les ventes sur le site à mesure que les commerces ouvrent à côté», indique Alain Simard, président fondateur du FIJM.  

En 2015 comme en 2014. Au moment de dresser le bilan financier du 36e Festival international de jazz de Montréal (FIJM), le président fondateur, Alain Simard, a de nouveau lancé un appel aux commerces qui gravitent autour du Quartier des spectacles : ceux-ci devraient contribuer au financement du festival, estime-t-il.

Le bilan dressé samedi par les organisateurs du FIJM ressemblait en tout point à celui de l’année dernière : tout va bien sur le plan artistique et participatif, mais le festival se conclut avec un léger « manque à gagner » d’environ 200 000 $ sur un budget total de 25 millions, selon les chiffres communiqués par Alain Simard.

Ce déficit est attribué à la présence de nouveaux commerces de restauration autour du site du festival — 42 en 6 ans, d’après un décompte de Spectra. Autant de concurrents pour les kiosques officiels qui vendent bière, hot-dogs et autres produits « gourmands », dont les revenus financent le volet gratuit du FIJM.

« On voit s’éroder les ventes sur le site à mesure que les commerces ouvrent à côté, indiquait M. Simard en entretien téléphonique, dimanche. En six ans, on a perdu plus d’un million de ce côté [les revenus de ventes sur le site ont déjà rapporté plus de quatre millions]. »

« On a dû couper une journée de festival pour tenir compte de la diminution des revenus. Ce n’est pas un cri d’alarme, le festival n’est pas menacé, mais on va devoir entreprendre des démarches avec nos partenaires pour trouver une solution, de manière à ce qu’il y ait une contribution permettant de maintenir la gratuité. »

Le même appel avait été lancé en juillet 2014. Pour l’instant, Alain Simard évoque une seule idée, soit qu’une fraction de la taxe de vente des ventes réalisées par les commerces voisins durant le festival soit versée au FIJM. Mais peu importe, dit-il : l’important est de trouver une solution pour contrer « une tendance lourde qui ira en s’accélérant ».

Sur le budget de 25 millions, environ 15 % proviennent des gouvernements, 40 % des commanditaires et le reste des ventes sur le site ainsi que des revenus de billetterie.