Distiller l’ennui

Madeleine Peyroux entretient une relation privilégiée avec Montréal et son grand festival musical.
Photo: Annik MH De Carufel Le Devoir Madeleine Peyroux entretient une relation privilégiée avec Montréal et son grand festival musical.

Grande habituée du festival — le théâtre Maisonneuve en 2009, deux fois en 2011, puis en 2013 —, la chanteuse Madeleine Peyroux a rappelé jeudi qu’elle demeure une favorite de la foule montréalaise. Les quelque 1500 fauteuils de la salle étaient occupés… cela pour une artiste qui n’est pas réputée pour offrir des performances particulièrement mémorables.

Un peu poussive sur scène, Peyroux ? Oui, et ce fut encore ainsi livré jeudi, alors qu’elle était entourée d’un contrebassiste et d’un guitariste, elle-même ajoutant une guitare acoustique.

Assise sur sa chaise, Peyroux a fait du Peyroux : livraison correcte de chansons aux rythmes délicats, souvent lents, parfois chaloupés ; voix peu puissante mais bien granuleuse, traînante comme on l’entend sur ses albums (à la limite de la fausse note, à quelques moments) ; petites interactions en français avec le public ; arrangements soignés mais très classiques de son répertoire blues-folk-country dont les teintes de jazz sont plutôt ténues.

Peyroux a pigé dans les succès de ses différents albums, intégrant notamment deux Leonard Cohen au programme (Dance Me to the End of Love et la méconnue Half the Perfect World, écrite pour Anjani Thomas).

 

Pour les quelque 60 minutes vues, nous dirons : sans surprise, sans étonnement, sans déception non plus (dans la mesure où on commence à savoir de quel bois elle ne se chauffe pas). Peu de passion et un brin d’ennui, voilà.



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