L’Afrique multiple

Le groupe H’Sao présentera son nouveau disque lors du festival.
Photo: Festival Nuits d’Afrique Le groupe H’Sao présentera son nouveau disque lors du festival.

À l’image de la tendance des dernières années, le Festival international Nuits d’Afrique (FINA) offre une programmation éclectique avec quelques pointures comme Le Grand Méchant Zouk, Black Umfolosi, Zebda ou La Rue Ketanou, et son lot de découvertes, des plus acoustiques aux plus urbaines : en tout, 650 artistes s’amènent dans six salles montréalaises du 7 au 19 juillet. Pendant les cinq dernières journées, une programmation extérieure gratuite est offerte au Parterre du Quartier des spectacles.

Et pour ajouter à la fête, l’organisation est fière d’afficher l’achalandage record de l’an dernier : 180 000 visiteurs uniques, avec 1 300 000 entrées au total. « Ces chiffres nous permettent d’entrer dans la catégorie des événements majeurs de la ville de Montréal. Ça nous ouvrira des portes pour un développement à plus long terme », affirme Frédéric Kervadec, le principal programmateur du FINA.

Et la programmation 2015 ? Très prometteuse sur papier. Voyons ça par grandes tendances en commençant par l’Amérique latine, très présente cette année. Frédéric résume : « Il se passe beaucoup de choses sur ce plan. C’est une musique très accessible, souvent trempée dans les racines africaines. Cette année, on bénéficie aussi des Jeux panaméricains et il y a une convergence de plusieurs artistes. » Ici, mentionnons les artistes de la grande famille de la cumbia : Ondatrópica, Chico Trujillo et La Chiva Gantiva, en plus des célèbres Van Van qui reviennent, puis de trois talents montréalais : Akawui, Los Viejha et Chico Garcia y La Negra.

Il y a aussi la tendance « urbanAfrica » qui se développe constamment et pour le mieux : « En travaillant leur musique sur informatique, les créateurs d’aujourd’hui font beaucoup d’échanges. Ils peuvent être traditionnels, mais ils font de plus en plus de mélanges avec de la musique urbaine comme le hip-hop, la soul, la pop, le funk et le jazz. » À ce chapitre, on retient le dancehall d’Admiral T, la ponction sud-africaine de Bongeziwe Mabandla, la pop plus légère de la guitariste Marema, le reggae folk rap du Sierra-Léonais Patrice et l’afrobeat pluriel d’Antibalas à l’international, en plus des créations d’ici comme le rap conscient de Vox Sambou, l’afro soul ouvert de Veeby et la musique brésilianisée de Bombolessé.

L’Afrique urbaine lorgne aussi l’électro et plusieurs nouvelles créations sont souvent regroupées sous le vocable world 2.0, l’apanage de la série Nuits d’Afrique Sound System, qui reçoit cette année Samito, afro-hipster montréalais au talent majeur, et deux D.J. de calibre : D.J. Greg de Villanova et Andy Williams. Ajoutons que Stefie Shock fera des sets de D.J. sur le site extérieur.

Un grand événement retiendra l’attention : Le Grand Méchant Zouk, un concept créé par Jacob Desvarieux de Kassav’ en l’honneur du grand genre antillais : « Ils viennent à Montréal pour la première fois. Il y aura le groupe Kassav’ au grand complet et aussi Luc Léandry, Jean-Marc Ferdinand et un invité bien spécial : Shoubou, le chanteur haïtien de Tabou Combo », explique le programmateur du FINA. Une rencontre entre Tabou et Kassav’, deux monstres sacrés des Antilles.

Depuis ses débuts, le FINA favorise également l’expression de musiques d’inspiration plus acoustique ou traditionnelle. Voici quelques artistes à surveiller dans ces domaines : Maya Kamaty pour le maloya de la Réunion, la chanteuse activiste Awa Sangho, qui fut des Go de Kotéba, Paulo Flores et son semba angolais, Black Umfolosi avec ses chants et mouvements éclatants, la Nuit de la Kora avec Diely Mori Tounkara et Djeli Moussa Diawara, Rendez-vous mandingue avec l’excellent balafoniste Adama Daou et H’Sao avec un nouveau disque axé sur leur formidable chant.

Terminons par les artistes multidisciplinaires de la Gypsy Kumbia Orchestra, les créateurs circassiens d’Afrique en cirque, ceux d’Oktopus ou de Los Viejha, qui offriront trois spectacles chacun et cette belle rencontre prévue entre le koriste montréalais Zal Sissokho et les Brésiliens Sergio Pererê et Marcus Viana sous le nom de Famalé. Il en reste encore beaucoup. Aux plus curieux de les découvrir.

Festival international Nuits d’Afrique

Du 7 au 19 juillet au Club Balattou, au Gesù, au Métropolis, au National, au Théâtre Fairmount, à la Sala Rossa et au Parterre du Quartier des spectacles.