The Longest River, Olivia Chaney

Avec Olivia Chaney, il n’y a pas de cours normal des choses. C’est comme si, dans sa partition, elle avait laissé des brèches pour bien marquer le basculement perpétuel de son oreille entre un monde antérieur, d’un folk orthodoxe, et celui qu’elle s’est imaginé, bohème et rhapsodique. La multi-instrumentiste anglaise fait de la mélodie un parcours exigeant, plein d’asymétries, de pics, de tombées et de transitions vocales — de choeurs en a capella, moments de grâce. Imaginez : un fil de funambule tendu entre les nuages, un balancement. Et cette voix, solide, habitée jusqu’au bout de son timide vibrato, transparente tant elle est claire. Pour un premier album, The Longest River marque, c’est indiscutable, et sa ligne acoustique (guitare, piano, violon, harmonium) ne pousse jamais la note. À la qualité des mots, qui nous font rencontrer Freud, Shakespeare et Cassiopée, se greffe une habileté pour la reprise — dont La jardinera, de la Chilienne Violeta Parra, qui éblouit. Comme le reste.

The Longest River

Folk

Olivia Chaney, Nonesuch

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