Qui dit non à McCartney? Ni John Pizzarelli ni personne!

John Pizzarelli est originaire de Paterson, au New Jersey.
Photo: Andrew Lepley John Pizzarelli est originaire de Paterson, au New Jersey.

Ce jeudi soir à la salle Ludger-Duvernay du Monument-National, John Pizzarelli et son Quartet vont jouer et jazzer du McCartney. Pas seulement, mais surtout. L’as guitariste et crooner sympa (« une bonne pâte », ai-je un jour badiné à son sujet), grand habitué du Festival international de jazz de Montréal, avait déjà tâté du Beatles en 1998, mais ce coup-ci, particularité non négligeable, il s’agit en quelque sorte… d’une commande.

C’est André Ménard, tout autant cofondateur du FIJM qu’insatiable glaneur d’infos de coulisses, qui me l’a susurré au creux du combiné, au moment du dévoilement de la programmation de l’édition 2015. « C’est Paul McCartney lui-même qui a demandé à Pizzarelli de faire un spectacle de ses chansons et d’en tirer un album… Le genre de proposition que tu peux pas refuser ! »

Je sais, la référence est grosse comme une tête de cheval dans un lit, mais quand on est issu d’une famille italo-américaine de Paterson, au New Jersey, on sait ce que respect veut dire. Et on comprend « where your interest lies », comme dit une chanson de Paul Simon, p’tit gars du Queens. Vous diriez non, vous, à un souhait expressément exprimé par sir Paul ? De Kanye West à Dave Grohl à Elvis Costello, on accourt, on bénit la vie et on se dit dans sa tête : « Paul des Beatles veut de moi, alléluia en pyjama. »

Ravi, enchanté (pas extatique, mais je sens qu’il se retient), le fils du non moins grand guitariste Bucky Pizzarelli ne se fait pas prier pour fournir des détails sur l’affaire. « J’avais travaillé avec Paul pour Kisses on the Bottom, son album de reprises du Great American Songbook, et c’était fantastique, exactement comme on l’imagine. On s’est entendus à merveille, c’est tellement sans chichi avec lui. Il y a eu les sessions, mais aussi un petit spectacle pour iTunes. Et puis, il y a un an tout juste, j’ai reçu une lettre de lui… » Le 28 mai, précise-t-il. Une lettre de Paul, mazette ! Ça s’encadre. « Que dirais-tu d’interpréter quelques-unes de mes chansons moins connues ? Il donnait des exemples : Warm and Beautiful, Junk » Il n’y a pas eu le début du soupçon d’un doute quant à la faisabilité de la chose : Pizzarelli s’y est mis. « Après quelques mois, nous avions un disque, lequel sortira cet automne… »

La matière malléable du génie

 

« Le défi, comme toujours, était d’amener les chansons ailleurs sans les dénaturer. Je n’avais pas besoin de l’assentiment de Paul pour ça. Le projet et les maquettes ont plu à la compagnie de disques, le nom McCartney a fait son petit effet, on a eu un bon budget, et on a enregistré 15 titres. J’ai quand même tenu à faire entendre les versions à Paul, et il s’est dit content, alors tout le monde est content. » Quelques incontournables du canon post-Beatles de McCartney n’ont pas été contournées, mais considérablement adaptées. Par exemple, ralentir Silly Love Songs, explique Pizzarelli, change vraiment la perception de la chanson. « Ça fonctionne tout autant comme ballade : c’est tout le génie de McCartney… »

Pizzarelli rigole. « Pouvez-vous croire ? Pendant les sessions de Kisses on the Bottom, il y a un moment où il s’est mis à me parler de mon album de chansons des Beatles. Seize ans après, j’étais avec Paul McCartney et il me disait qu’il avait aimé le disque et qu’il l’écoutait encore. Amazing ! » Imaginez un rêve, où tourneraient dans les airs des pizzas et les albums des Beatles. « Il y a eu tellement de versions de chansons de Beatles ! Qu’il se souvienne de mes versions ? Ça fait léviter un peu. »

Il rappelle que c’est au FIJM qu’il créa le spectacle John Pizzarelli Meets The Beatles. « Le disque est sorti précisément à ce moment, et là, je crée au même festival mon McCartney : pour moi, tout ça est lié. » On ne résiste pas à McCartney, pas plus qu’au FIJM : « C’est ma destinée ! »

McCartney and More : The John Pizzarelli Quartet

Au Monument-National, jeudi 2 juillet à 20 h



À voir en vidéo