Regain de popularité souhaité!

Le violoniste Kerson Leong est un magnifique soliste, adepte de longues lignes chantantes.
Photo: Michel Pinault Le violoniste Kerson Leong est un magnifique soliste, adepte de longues lignes chantantes.

Débutons par des considérations triviales et pragmatiques. « Il y a eu des plaintes sur le coût du stationnement. Mais ce n’est pas nous ; c’est le Biodôme », a dit au micro la dame, sans doute du comité organisateur des Concerts populaires, qui a oublié de se présenter.

Il faut que les responsables se réunissent et se ressaisissent pour être cohérents à un moment donné. On ne peut pas, dans Hochelaga-Maisonneuve, faire une série de concerts pour le peuple, au sens noble du terme, s’adressant à un public majoritairement constitué de retraités de ce quartier, et matraquer ce monde-là avec un stationnement à 12 dollars pour trois heures dans un stationnement de toute manière désert en soirée. C’est bien gentil de raisonner en termes de subventions à la culture, mais la toute première mesure à prendre est le dépistage et l’éradication des freins à l’accès à la culture. Celui-ci en est un. Indécent à cet endroit et en ces circonstances.

Comment savoir quelle est la part de cet irritant majeur dans la fréquentation décevante jeudi soir, alors que ces concerts étaient jadis très courus et que le programme de la soirée était invitant ? L’enjeu désormais est de rétablir un lien avec le public tout en ne bradant pas la qualité — chose à préciser car nous sommes, dans la programmation de cette année, à l’extrême limite du passage du populaire au populisme.

Parmi les concerts qui ont la saveur de ceux des belles années pilotées par Régis Rousseau et Yannick Nézet-Séguin, il y a au premier chef le concert d’Andrei Feher le 23 juillet et ce concert inaugural.

L’Orchestre Métropolitain avait fait un choix avisé en programmant les Variations Enigma, largement rodées par Yannick Nézet-Séguin dans le cadre de la tournée d’avril, qui a vu le Métropolitain se produire pour la première fois à Toronto. Julian Kuerti a repris cette trame bien prête et l’a cultivée. Il est évidemment plus facile de juger des vrais dosages à la Maison symphonique, certains instruments au Centre Pierre-Charbonneau semblant plus avantagés que d’autres par l’amplification (ex. percussions). Cela dit, l’amplification était plutôt réussie dans ce Centre Pierre-Charbonneau rénové, où la scène se déploie désormais sous une salle de gymnastique.

Il y a peu à dire d’un Roméo et Juliette cadré, efficace et judicieux, ne s’épanchant jamais, et il y a beaucoup de lauriers à tresser à Kerson Leong, dont l’évolution musicale est remarquable. Le jeune spécialiste des pièces de funambulisme violonistique est désormais aussi un magnifique soliste, adepte de longues lignes chantantes et doué d’une sonorité royale grâce à un violon de grande classe prêté par la Fondation Canimex. Son Concerto de Bruch, malgré quelques notes à préciser dans le flot du discours, est déjà fort présentable dans une grande et belle salle. La Maison symphonique de Montréal ?

Concerts populaires

« Romantisme, de la Russie à l’Angleterre ». Tchaïkovski : Roméo et Juliette. Bruch : Concerto pour violon no 1. Elgar : Variations Enigma. Kerson Leong (violon), Orchestre Métropolitain, Julian Kuerti. Centre Pierre-Charbonneau, le 25 juin 2015.

1 commentaire
  • Jean-Luc Malo - Abonné 27 juin 2015 19 h 07

    Hum, une redite...

    Il y a un an, presque jour pour jour, M. Huss se plaignait des coûts du stationnement et je lui avais conseillé de prendre le métro. Il n'y a rien à faire de toute façon puisque ce tarif s'applique à tous les grands parcs de la VdM. Trouver dans le coût du stationnement la raison du peu de fréquentation par les retraités de HOMA reflète un méconnaissance du quartier. Ces membres retraités du "peuple" n'ont pas les moyens d'avoir un "char". M. Huss aurait plutôt dû invoquer des arguments qui sont plus du champ de son expertise: M. Kuerti n'attire pas les foules comme Yannick, M. Leong est prometteur mais n'a pas la notoriété de Mme Angèle Dubeau et les Variations Enigma ont été jouées dans HOMA le 19 avril par le Métropolitain.
    Jean-Luc Malo
    abonné