Nos surprises, leurs surprises

«Après le concert de Galaxie au Club Soda, j’ai un peu fait mon deuil de la qualité de mon audition», écrit notre journaliste Philippe Papineau. 
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir «Après le concert de Galaxie au Club Soda, j’ai un peu fait mon deuil de la qualité de mon audition», écrit notre journaliste Philippe Papineau. 

Les FrancoFolies, commencées avec Radio Radio, se sont terminées samedi soir avec le spectacle nocturne du groupe Chocolat. Entre les deux, c’était le tourbillon, qui nous a soufflés entre les gros concerts extérieurs, les plus petits spectacles gratuits et les soirées en salle. À quelques reprises, c’est nous qui avons été surpris des spectacles et, parfois, ce sont les artistes qui ont eu des surprises.

Le moment du musicien surpris : Dany Placard, qui jouait à 23 h, s’attendait à faire ses chansons devant une poignée de badauds. Nous étions bien un millier devant lui rue Sainte-Catherine. « Là c’est le moment où j’avais planifié vous dire de pas être gênés et de vous rapprocher de la scène, mais y a plus de place, restez où vous êtes », a-t-il lancé.

Le moment de deuil : après le concert de Galaxie au Club Soda, j’ai un peu fait mon deuil de la qualité de mon audition. Mes tympans ont bien dû bourdonner pendant quelques heures après ces deux heures de rock intense. Si vous m’appelez dans la rue et que je ne me retourne pas, soyez indulgents.

Le trophée de la plus belle amélioration : au Club Soda en février 2014, on avait trouvé que le groupe français Fauve manquait de tonus sur scène. « De ceux qui devront monter l’intensité », avions-nous titré. Mardi au Métropolis, on a vu une formation beaucoup plus intense, en grand contrôle de ses instruments, capable de sortir de la trame établie de ses chansons. Chapeau.

Le moment du bouclier baissé : Jérôme Minière a surpris par son attitude sur scène, mardi au Club Soda. Habituellement timide, assis sur banc, fuyant, le chanteur a passé son concert debout, micro en main, face au public et pratiquement sans instrument devant lui. Sans bouclier, quoi. Un très beau concert, à voir s’il passe près de chez vous.

Le moment paillettes : le chanteur du groupe rock garage Les Marinellis est un drôle d’oiseau sur scène. Vêtu uniquement d’un short assez court pour laisser peu de place à l’imagination et d’une veste sans manches à paillettes argentées, il a sautillé un peu partout sur scène en tapant son tambourin, avant de se hisser sur le mur d’amplificateurs, les genoux écartés. Un geste couillu, disons.

Le moment des soldats courageux : la pluie a gâché quelques soirées pendant ces Francos. Vallières y a goûté, Koriass aussi. Dommage pour ce dernier, qui a salué avec raison l’audace du festival d’avoir programmé « du rap québécois sur la grosse scène », avant de souligner le courage de « tous les soldats qui sont ici malgré le déluge ».



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