Camping à la Maison symphonique

Le moment d’affection sans ambages: quand les Chedid ont chanté l’hymne du papa Louis.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Le moment d’affection sans ambages: quand les Chedid ont chanté l’hymne du papa Louis.

Émergeons. Je me fais l’effet d’un sous-marinier prenant l’air à la surface. Ma mission — la couverture des grands spectacles en salle des FrancoFolies — m’amène bel et bien sur le site du festival, mais sauf exception (Arthur H et invités à la place des Festivals), c’est intra-muros que j’aurai vécu mes moments exaltants. Et la plupart du temps à la Maison symphonique, ce lieu fabuleux qui s’adapte à tout, grosse production pour l’hommage à Piaf, grandes orgues pour Pierre Lapointe et petit coin de scène pour Gréco. C’est dit, j’y plante ma tente.

Le moment d’affection sans ambages : quand les Chedid ont chanté, à la fin de leur grand partage en forme de spectacle, l’hymne du papa Louis, On ne dit jamais assez aux gens qu’on aime qu’on les aime, tout Wilfrid a saisi l’occasion pour le dire.

Le moment de confirmation de la bonne première impression : on avait écrit que le premier album de Nach (AnNA Chedid) est épatant, c’est la jeune femme qui a épaté tout le monde et partout lors de cette semaine francofolle, trois fois plutôt qu’une. On la reverra.

Le moment de la fin sans fin : même en sortant juste avant, des haut-parleurs ont relayé Ne me quitte pas jusqu’aux portes de la Maison symphonique, et Juliette Gréco ne nous a pas quitté depuis !

Le moment du dérapage contrôlé Arthur H prolongeant exprès la panne de son sur la grande scène de la place des Festivals, se la jouant mime Marceau dans son micro, le rigolo.

Le moment où quiconque n’est pas croyant l’a été pendant trois minutes au moins : quand Florence K la divine a chanté Mon Dieu, pas en Piaf réincarnée, mais en chanteuse investie de mission, et qu’on l’a portée aux nues.

Le moment du choc générationnel : toute la salle de rédaction du Devoir entonnant les refrains des B.B. alors que j’écrivais mon papier sur le spectacle des 100 ans de Piaf. Pourquoi t’es dans la lune ?, s’est demandé L’homme à la moto.

Le moment des retrouvailles plus que bienvenues : il n’y avait pas plus heureux homme que Jacques Michel sur la scène du Gesù, et pas plus à l’unisson que son public. Nous n’étions qu’une voix, et quelle voix !

Le moment je-te-tiens-tu-me-tiens-par-la-barbichette : CharlÉlie Couture nous a eus, par les riffs autant que par les mots, et je crois qu’on l’a un peu ému. C’est ça, finalement, les FrancoFolies : des chansons, la rencontre, et la réciprocité.



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