Le bal métissé

Le moment du band éclatant, Ayrad
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Le moment du band éclatant, Ayrad

Électro folklore et afro électro, trad plus classique et bien d’autres choses encore : le bal métissé devient de plus en plus affirmé, et la programmation de cette année fut un grand cru dans ce sens.

Le moment de la bombe : La Yegros. Ses lunettes roses, sa chevelure abondante et ses tissus multicolores éclatants incarnaient parfaitement la nature de ce personnage exubérant, proclamé non sans raison : « reina de la nu cumbia » argentine. Une tonne d’énergie avec un sourire grand comme la lune, de la cumbia plurielle et de l’électro folklore allumé.

Le moment du retour à la maison : Le Vent du Nord. En général, ils sont sur la route, mais cette semaine, ils sont rentrés avec le quatuor Trad, l’esprit ouvert pour des musiques plus classiques, mais aussi pour des passages en quatuor. Entre les chansons sombres, les rêveries aériennes et le swing assumé, on les retrouvait avec plus d’amplitude dans leur plongée dans le temps.

Le moment du band éclatant : Ayrad. Avec l’ajout d’un percussionniste et de deux cuivres, le groupe devenait parfois comme un big band maghrébin, mais un fond de toute la Méditerranée l’animait aussi. Ses membres se plongent dans la médina, la spiritualité et le rock arabe avec du reggae là-dedans. Ils ont le sens de l’éclat, de la communication et du forain.

Le moment du paisible guerrier : Florent Vollant. C’était le folk rock des gardiens du feu, la douce urgence, la langue mélodique sur les tempos reposants, le rythme de la solitude, la cadence innue, l’histoire retrouvée et le festival de la slide délicate. C’était touchant.

Le moment du groove 2.0 : Samito. Homme au charme tranquille, il réserve un méchant groove avec son afro électro singulier, ses sautillements irrésistibles, son sens mélodique, ses jeux de voix-percussions et sa danse en jouant. Un potentiel international celui-là !

Le moment du charisme : Ilam. Homme de tripes, il touche fort. Dans ses chants poignants, son reggae rock métissé, son blues lancinant et même son Vigneault africanisé, il atteint la cible.

Le moment des Cajuns rock and roll : Canailles. Ils sont joyeux, éraillés, pas mal punk, pas mal rock de racines et complètement contagieux. Mais ils tombent aussi dans la valse mordante, le country blues et la balade folk. Ils viennent du Québec et portent très bien leur nom.

Le moment de saluer: Bïa, Boukman Eksperyans, Pierre Kwenders, Karim Dabo et aussi des artistes malheureusement loupés, comme Awadi, Boogat et Samian.