On s’ennuyait du rock, on s’ennuyait du blues

Photo: Pedro Ruiz Le Devoir

Pour l’amateur de la première heure de Galaxie, groupe du guitariste émérite Olivier Langevin, les deux derniers disques de la formation avaient de quoi plaire, mais aussi de quoi agacer un petit peu : ce côté danse, électro-futuriste. Jeudi soir dans un Club Soda plein à craquer, Galaxie a revêtu ses bons vieux habits. Comme ils le chantent eux-mêmes : « on s’ennuyait du rock, on s’ennuyait du blues », et on en a eu une sacrée dose.

Le côté « robotique » de leurs récentes pièces n’était pas complètement évacué, mais mieux intégré à leur rock lourd, qui fait grimacer de bonheur. C’est d’ailleurs une voix artificielle féminine qui nous a accueillis en disant : « It’s going to be loud », après s’être excusée de ne pas parler français. Dans les voix et les claviers, il y avait bien un peu de « zigonnage » synthétique, mais l’ADN de Galaxie a été joliment mis en évidence.

Fred Fortin — à quand un nouvel album, Fred ? ! — faisait résonner sa basse, Pierre Fortin a fait mal à ses tambours, François Lafontaine a fait valser les claviers et Olivier Langevin malmenait sa guitare, entre riffs bien lourds et solos endiablés — du type qui se jouent à genoux. Un percussionniste et une choriste prenaient aussi part à ce mur sonore.

Galaxie, qui fera la première partie des Rolling Stones au Festival d’été de Québec dans quelques semaines, a lancé la soirée avec une version un peu étirée et tribale de la pièce Zulu, titre de son dernier disque, que le groupe a mis de l’avant pendant le spectacle, jouant Baron, Dragon et autres Robot Lynx.

Langevin a fait quelques incartades dans le passé, entre autres avec de très bonnes versions de Camouflar, de Shanghai et de Piste 1, qui, s’il y avait eu un peu de place sur le parterre, aurait fait du Club Soda un dancefloor maléfique.

Conséquence : en partant, on avait les oreilles bourdonnantes, les yeux brillants et le coeur palpitant.

Lubik

En première partie, le groupe rock abitibien Lubik a obtenu la faveur du public, réussissant à le faire bouger, danser, et même à l’asseoir au sol pendant Homerun. Les quatre musiciens offraient une musique tout en cohérence avec Galaxie, mais en moins électro. Un petit fond de métal, un brin de Grimskunk, une dose de rock stoner, une approche parfois prog, des textes en français pas trop en avant-plan : le groupe de La Sarre a bien mis la table avec une musique énergique quoique un peu sans nuance. Sur scène, les quatre gars jouaient côte à côte, formant un mur de guitares (électriques et basse) et de tambours.