La Yegros, la nouvelle reine de la nu cumbia

Mariana Yegros dite La Yegros
Photo: FrancoFolies Mariana Yegros dite La Yegros

De Buenos Aires s’amène Mariana Yegros, dite La Yegros, première artiste féminine qui émerge avec envergure de Zizek, le label portègne identifié à la nu cumbia argentine et à l’électro folklore latino-américain. De cette mouvance, elle est également la première à être distribuée internationalement et son disque Viene de mi est signé par EMI-France (Parlophone). Elle mélange la cumbia, le chamamé de sa région du Nord et beaucoup plus encore. De ses performances scéniques, tous s’entendent sur un point : la dame est flamboyante. Elle monte sur la scène des Spectacles multiculturels ce jeudi.

La Yegros (prononcer à la manière argentine : « la chégrosss ») se présente : « J’ai étudié le chant lyrique au conservatoire de Morón où je suis née, dans le nord-est de l’Argentine. À un moment, j’ai eu une place avec De la Guardia, un groupe théâtral très alternatif qui travaille avec des musiciens. J’y ai trouvé un autre chemin. Les compositions des pièces étaient de King Coya, qui est devenu mon réalisateur. Il propose une vision très différente de ce qui est la musique folklorique. J’ai laissé le conservatoire, étudié les musiques indiennes et africaines, puis j’ai formé mon groupe, composé mes chansons et trouvé ma propre identité. »

Vive la reine !

Viene de mi paraît en 2013. On proclame alors La Yegros « reina de la nu cumbia ». Certains affirment qu’elle est la première à faire sortir le genre à l’extérieur des circuits habituels de l’électro tropical. Sa réputation devient graduellement plus internationale, même que le Boogat national lui propose une collaboration qui se concrétise dans Una Cita, la pièce la plus urbaine de son nouveau disque Neo-Reconquista. L’Argentine poursuit sa quête et un deuxième disque devrait paraître l’an prochain : un album dans la même veine que le premier avec quelques variantes.

« Dans Viene de mi, il y avait plusieurs rythmes latino-américains comme la cumbia, le chamamé et la milonga. Je pense que les pièces sont très différentes les unes des autres et les rythmes proviennent de différentes zones. Le chamamé vient de l’Argentine du Nord, du Paraguay et du Brésil. La cumbia est de Colombie, mais on l’écoutait beaucoup dans ma région de Misiones. Chaque pays latino-américain a sa façon de la transmettre. Je suis une grande fan : c’est une musique joyeuse et puissante qui raconte la joie et la tristesse, mais on peut aussi l’utiliser comme forme de protesta. »


L’urgence de vivre

Viene de mi démarre avec la chanson-titre, une cumbia électrique assez douce avec un orgue minimaliste, le twang d’une guitare et l’accordéon qui apparaît. Une atmosphère vaguement rétro rappelle aussi la chicha péruvienne. On poursuit avec des éléments de dub, puis un chamamé se fait entendre avec un son plus sale, roots, à la rythmique plus carrée. L’accordéon fait la mélodie et l’électro augmente en intensité. Ça reste mélodique, mais le chant transmet l’urgence de vivre. La Yegros invitera des rappeurs, mais elle chante avec eux. On trempera une milonga dans le hip-hop et le dub de reggae, on deviendra plus percussif, aérien, oriental même. On ira aussi vers un classique bolivien. Tout au long du parcours, on pense à l’éclatement de Cafe Tacuba, à l’urbanité électro de Bomba Esterio et à quelques autres grands créateurs du renouveau du continent latino.

La Yegros s’amène en quatuor. Il sera intéressant de voir de quelle façon l’importance qu’elle accorde à l’aspect visuel sera traitée. « Je veux offrir la musique à travers les couleurs, les vêtements, les plumes et tout le matériel qui peut représenter ce que nous faisons musicalement. » Tout cela, dit avec exubérance.

Les Spectacles multiculturels

Jeudi 18 juin à 18 h et 20 h. Renseignements : 1 855-FRANCOS