Complexe culturel et administratif de Montréal - Recherche partenaires privés désespérément

Québec veut refiler la patate brûlante de la Maison de l'OSM et de la permanence des conservatoires de Montréal au secteur privé. Le bras immobilier du gouvernement annonce qu'il est prêt à faire son deuil du complexe culturel et administratif de quelque 280 millions pour confier à un «partenaire éventuel» la réalisation de «tout autre projet alternatif».

L'intention se retrouve inscrite noir sur blanc dans un «avis d'intérêt» publié hier dans différents journaux par la Société immobilière du Québec (SIQ). Le texte, intitulé «Avis requérant la manifestation d'un intérêt et sollicitant de l'information», explique que «le projet alternatif pourrait être érigé sur tout le terrain disponible ou sur la partie sud-est bornée par les rues Sainte-Catherine, de Bleury et Jeanne-Mance».

Cette dernière précision envisage de ne développer qu'une petite partie du terrain convoité. L'îlot du centre-ville de Montréal connu sous le nom de Balmoral appartient à la SIQ et est évalué à sept millions de dollars. Deux grands immeubles du site et un autre plus petit ont été évacués par la Société il y a près d'un an mais ne sont toujours pas démolis.

«Nous sommes en démarchage et nous demeurons ouverts à toutes les propositions, dit Martin Roy, porte-parole de la Société immobilière du Québec. Nous voulons écouter les promoteurs et tous les partenaires éventuels, les architectes, les ingénieurs ou les consortiums qui pourraient se former, pour voir quels intérêts ils ont à développer le projet de complexe culturel et administratif ou quelles alternatives ils peuvent nous proposer.»

Depuis son élection, le gouvernement libéral répète que ses projets immobiliers devront se réaliser en partenariat avec le secteur privé. Cette règle fondamentale a mis en péril le projet de complexe culturel et administratif développé par l'ancien gouvernement. L'ambitieux programme de 281 millions prévoyait la construction de bureaux pour les fonctionnaires provinciaux, de la salle attendue depuis trois décennies par l'OSM et des conservatoires de musique et d'art dramatique de Montréal.

Le tout a fait l'objet d'un concours international d'architecture remporté l'été dernier par la firme De Architekten des Pays-Bas avec la proposition d'ériger un immense cube échancré sur la partie nord de l'îlot. L'immeuble noir regrouperait les bureaux, la salle de concert et les institutions d'enseignement. Si le gouvernement ne lance pas le chantier du cube avant le 26 juin 2004, la firme néerlandaise recevra une compensation de 100 000 $.

La SIQ n'a pas retouché au dossier, ou si peu, au cours des derniers mois. «Il ne s'agit pas d'un délai déraisonnable», répond Martin Roy quand on le questionne sur le délai de six mois entre l'annonce du gagnant du concours et la publication d'un avis dévoilant la possibilité de balancer tout le projet du complexe.

Il ajoute que la démarche lancée cette semaine ne constitue pas un appel d'offres et ne vise pas à solliciter des propositions comme telles. «L'objectif poursuivi est double, explique l'avis publié hier. Les sociétés ou entreprises intéressées à être considérées lors de la sélection du partenaire sont invitées à le faire savoir. Par ailleurs, la SIQ souhaite obtenir des commentaires sur les scénarios envisagés devant conduire aux étapes subséquentes et ainsi mener au choix du partenaire.»

La SIQ précise les responsabilités qui seront éventuellement confiées au partenaire retenu, soit la conception, la réalisation, l'exploitation, voire le financement «d'un projet dont le mode de partenariat public-privé reste à déterminer». Martin Roy, le porte-parole de la SIQ, ajoute que le processus de sélection devrait aboutir au début de l'été.

La société d'État a retenu les services de la firme PricewaterhouseCoopers comme «aviseur-expert». Le cabinet de gestionnaires a été sélectionné à la suite d'un concours tenu à la fin de l'été. Le contrat ouvert prévoit un maximum de 100 000 $ pour le dossier du complexe culturel.