Éternels jusqu’à demain, Thomas Dutronc

Il se cherche, le Thomas. L’album précédent s’intitulait Silence on tourne, on tourne en rond, ça en disait déjà long. Disque de talentueux dilettante coincé par le boulot de vedette, préférant la bringue avec les copains. Accueil mitigé. La suite ? Fuite en avant : le voilà qui s’ébroue dans les studios angliches (réalisation Jon Kelly, musiciens de chez Adele et compagnie), tâte de l’électro-pop comme si –M- lui faisait risette dans Croc Madam, s’offre tout un cinéma de cordes et cloches pour Aragon, succombe au duo avec papa Jacquot (Je n’suis personne, éloquent titre), se réfugie chez Gainsbourg pour jazzer Chez les yé-yé (vifs riffs de guitare à la clé). Mais dès qu’il peut, il retourne chez lui. En pays manouche. Car si le fiston Dutronc se cherche, c’est bien parce qu’il s’était trouvé, dès le début. Écoutez l’homme heureux dans le ragtime d’Archimède, qui mêle western twang et arpèges à la Django dans Qui je suis. Encore un titre qui parle.

Éternels jusqu’à demain

Chanson

Thomas Dutronc
Universal