Les festivals en région s’illustrent

Laurie Vanhoorne Collaboration spéciale
Ariane Moffatt sera présente pour la 11e édition du FRIMAT.
Photo: Annik MH De Carufel Ariane Moffatt sera présente pour la 11e édition du FRIMAT.

Ce texte fait partie du cahier spécial Été culturel (Festivals)

En dehors des grands centres du Québec, de plus en plus de festivals parviennent à consolider un public avide de spectacles estivaux, qu’ils misent sur des artistes bien établis ou sur la relève.

Jusqu’au 30 mai, le Festival des guitares du monde de l’Abitibi-Témiscamingue (FGMAT) met à l’honneur non seulement les guitares, mais aussi le violon, le violoncelle, la mandoline, l’ukulélé… Dans l’ancien quartier ouvrier où il se déroule, et qui s’apparente plutôt aujourd’hui à un petit quartier des spectacles, il propose neuf soirs de spectacles intimistes.

Parmi ces spectacles, celui de Jacques Michel, qui, enthousiasmé par l’hommage que lui a rendu l’année passée le FGMAT, fera son grand retour sur scène après une absence de presque 30 ans et en profitera pour lancer son tout nouvel album. Richard Desjardins, un habitué du festival, a également monté un spectacle spécialement pour l’occasion. Originaire de New York, la virtuose du finger picking, Kaki King, présentera un spectacle multimédia, avec projections sur sa guitare et derrière elle.

Le Festival de la chanson de Tadoussac, auquel était consacré un article dans un précédent cahier spécial, se tient du 11 au 14 juin, avec notamment des prestations de Juliette Gréco, Fred Pellerin, Louis-Jean Cormier et Salomé Leclerc.

Du 26 juin au 4 juillet, sur le bord de la mer, le Festival en chanson de Petite-Vallée déballe sa 33e édition. Cette année, c’est Kevin Parent qui officie à titre d’artiste passeur. Le natif de la région présentera son tout dernier album, Face à l’Ouest, et verra son répertoire revisité à l’occasion de deux spectacles : l’un par une chorale de 300 écoliers du coin, l’autre par une vingtaine d’artistes.

Le reste de la programmation n’est pas moins attrayant : les Soeurs Boulay, Pierre Lapointe, Renée Martel et Valérie Carpentier seront de la partie, ainsi que les habitués du festival que sont Yann Perreau et Daniel Boucher, pour ne nommer que ceux-là.

Directeur général du festival depuis 1998, Alan Côté se félicite d’organiser plus qu’un simple festival. « Ce qu’on met en branle, c’est une véritable petite communauté, où l’on multiplie les rencontres impromptues, où l’on croise les artistes sur la plage. Tout ça tient d’une certaine magie. »

Pour les 80 % de festivaliers qui viennent de l’extérieur de la région, le voyage — parfois de plus de 300 kilomètres — fait partie intégrante de l’expérience.

Plus important festival culturel de la région de la Mauricie, le Festivoix de Trois-Rivières déploie du 26 juin au 5 juillet une programmation aussi riche que diversifiée. Pour cette 22e édition, ce sont, entre autres, Éric Lapointe, les Cowboys Fringants, Bobby Bazini, Patrick Watson, Adam Cohen, les Barr Brothers, Brigitte Boisjoli, Elliot Maginot et les Hay Babies qui investiront le centre-ville de Trois-Rivières : ses rues, ses bars, la cour arrière du couvent des Ursulines, le bord du fleuve Saint-Laurent avec ses bateaux de croisière en arrière-plan. Thomas Grégoire compare en ce sens le festival, dont il est le directeur général, à ceux que l’on peut voir en Europe.

Par souci écologique, le Festivoix met des vélo-taxis et des navettes électriques à la disposition des festivaliers pour se déplacer d’un spectacle à l’autre et découvrir — ou redécouvrir — le centre-ville et son quartier historique.

Place à la relève

Unique festival de musique dans la région lavalloise, Diapason a été mis sur pied dans le but de lancer des artistes professionnels en début de carrière tout en associant entreprises et commerçants locaux. Autrefois organisé à l’automne, il intègre cette année la grande famille des festivals estivaux, ce qui lui permet désormais d’organiser ses spectacles en extérieur, toujours dans des endroits parfois insolites. Prestations surprises, zone gourmande et salon consacré au vinyle et à la musique sont également au menu de cet événement entièrement gratuit et dont la programmation sera dévoilée le 1er juin. Du 9 au 12 juillet dans le quartier Sainte-Rose.

La relève est également la raison d’être du Festival de la relève indépendante en Abitibi-Témiscamingue (FRIMAT), qui ne se contente pas de donner un public à la scène émergente locale. « On donne des formations, notamment pour apprendre à se vendre, explique Yan Lapointe, président du FRIMAT. On leur donne l’occasion de monter sur scène. Certains se font remarquer et intègrent par la suite d’autres festivals. » Pour autant, le FRIMAT ne se prive pas d’artistes qui attirent les foules : Louis-Jean Cormier l’année dernière, Ariane Moffatt pour cette 11e édition, qui se tient du 22 au 25 juillet.

Si ses dernières moutures étaient résolument folks, le FRIMAT prend cette année un tournant plutôt rock. Parmi les artistes qui forment la vitrine de la relève de cette année, on retrouve même un groupe de death metal. « On a longtemps pensé qu’on allait finir par faire le tour des groupes émergents de la région, se rappelle M. Lapointe. En réalité, on en a chaque année de plus en plus. »

Du répit pour les oreilles

Le village de Saint-Camille, dans les Cantons-de-l’Est, accueille pour la quatrième fois le Festival Masq’Alors, né du désir de Hildegund Janzing, psychologue, de partager sa passion pour le masque en tant qu’objet d’art, accessoire de théâtre et sujet anthropologique.

L’artiste californienne Sha Sha Igby proposera ainsi Paper Wing, théâtre dansé contemporain aux fortes influences asiatiques, ensevelie dans un costume surchargé et impressionnant. Une troupe d’agriculteurs quittera son Nordeste brésilien — chose rare — pour présenter les masques d’animaux et d’êtres surnaturels qu’ils portent lors des danses exécutées pendant la fête des Rois. Sekou Ogobora Dolo, originaire du Mali, fera également le trajet pour donner une conférence sur son peuple, les Dogons, ethnie parmi les plus étudiées en anthropologie et dont l’art du masque, très développé, se déploie notamment lors de danses rituelles durant lesquelles ils se parent d’imposants masques de bois. Du 28 mai au 7 juin.