Musique classique - Berlin s'émancipe de certains héritages de Karajan

Berlin - La Philharmonie de Berlin s'est émancipée de certains héritages du mythique chef d'orchestre autrichien Herbert von Karajan, qui a profondément marqué le prestigieux orchestre entre 1954 et 1989, estime Simon Rattle, aux baguettes de l'ensemble depuis 2002, dans une entrevue publiée par le quotidien Der Tagesspiegel.

«Un exemple: au début, je répétais inlassablement que la dernière note n'est pas forcément la plus forte juste parce qu'elle est la dernière. Et peu à peu, les musiciens ont arrêté de jouer plus fortement la dernière note», abandonnant ainsi un réflexe «hérité de Karajan», a-t-il souligné.

Autre particularité de l'ère Karajan, «la phobie du pizzicato», une manière de jouer en pinçant les cordes sans les faire vibrer avec l'archet, ne figure plus au coeur des efforts de l'orchestre, selon le successeur de l'Italien Claudio Abbado. «Karajan avait cette phobie du pizzicato et a transmis cette peur à l'orchestre pendant deux générations. Aujourd'hui, nous plaisantons sur ce trait», a relevé le musicien adulé par les Berlinois.