Rock’n’roll au point

Guillaume et Maxime Chiasson, les deux frères derrière Ponctuation, en compagnie de la bassiste et claviériste Laurence Gauthier-Brown, qui fait du groupe un trio sur la scène.
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Guillaume et Maxime Chiasson, les deux frères derrière Ponctuation, en compagnie de la bassiste et claviériste Laurence Gauthier-Brown, qui fait du groupe un trio sur la scène.
Deux ans après le puissant cocktail garage rock de leur premier album, 27 Club, Ponctuation, groupe phare de la scène artistique de la Vieille Capitale, récidive. La réalité nous suffit, créé d’un trait, élargit le spectre du groupe en touchant au son « psych ». Le Devoir a rencontré la moitié du groupe à la veille du lancement du nouveau disque, fin avril.​
 

Sur la scène, ils chantent vite, tapent avec force sur les tambours et hochent du chef au rythme de leurs compositions faites d’un rock cathartique. Tout ça en français, merci beaucoup. Guillaume et Maxime Chiasson, les deux frères derrière Ponctuation, sont de vrais esprits rock. Mais les héros locaux de la Bassville se seraient-ils assagis ? Leur boucan garage aux accents yé-yé s’est récemment gorgé d’une mystique planante, avec expérimentations instrumentales plus assumées. « On a ralenti le tempo, explique Guillaume, le frangin responsable des volets guitare et voix du combo. C’est moins énergique qu’avant, moins punk. »

Le premier titre de La réalité nous suffit est Poésie automatique. Belle mise en abîme ; l’expression pourrait carrément décrire le nouveau disque du duo. Le groupe a procédé d’une façon peu traditionnelle pour pondre La réalité nous suffit : en écrivant et enregistrant au fur et à mesure. On a pu ainsi mieux préserver la pureté brute des idées musicales, croient les frères Chiasson. « On a complètement intégré l’enregistrement au processus de création, précise le chanteur. On s’est installés dans notre local de répétition, au lieu d’un studio classique, donc on pouvait prendre le temps qu’on voulait. L’idée était de capter sur la bande un enregistrement le plus proche possible de la création de la “ toune ”. » À travers les étapes d’écriture, de répétition, d’enregistrement, de mixage et compagnie, qui viennent en modifier la substantielle moelle, la chanson se transforme. On efface donc tous ces procédés, pour en faire un produit plus naturel, spontané, avec les imperfections que cela implique. « On trouvait que cette façon de travailler donnait une énergie plus intéressante, plus naïve », ajoute Guillaume Chiasson. Le côté « lo-fi » est bien endossé, et ce qu’on entend, c’est dix pièces de rock’n’roll candides et primales, avec guitares distortionnées et lancinantes.

À la maison

 

Guillaume Chiasson parle du lieu d’enregistrement, le Pantoum, salle de diffusion, de répétition et d’enregistrement au coeur du quartier Saint-Roch, à Québec, comme d’un cocon créatif, un espace familier où ils ont pu se livrer à toutes leurs expérimentations fantaisistes rock. « On était content d’être chez nous pour faire ça. Il y a là une énergie qui relie tout le monde ensemble. On a une scène musicale intéressante à Québec. Les genres se mélangent et je vois ça positivement. » Beaucoup de gens de divers horizons gravitent autour du Pantoum, estime le musicien. « En comparaison avec Montréal, où je trouve que les scènes anglo et franco sont distinctes. »

Avec sa musique décoiffante caractéristique, Ponctuation s’impose à contre-courant, au moment où la chanson brille partout au Québec. « On n’est pas contre cette structure très… “ Petite-Vallée, Francouvertes ”, et tout ça, avance le guitariste. Des choses géniales se font en chanson, mais la musique francophone, c’est tellement plus ! Le rock est important dans la culture québécoise, il y en a toujours eu. »

Ponctuation se promènera un peu partout au Québec cet été. La formule concert inclut la bassiste et claviériste Laurence Gauthier-Brown, faisant du groupe un trio sur la scène. Projections hypnotisantes et danse effrénée incluses.


Ponctuation - Météo

La réalité nous suffit

Ponctuation, Bonsound

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