L’engagement global de Veeby

Veeby est l’une des belles découvertes montréalaises de la musique urbaine des dernières années.
Photo: Orphée Lokito Myth Music group Veeby est l’une des belles découvertes montréalaises de la musique urbaine des dernières années.
C’est une tête à plusieurs casquettes. D’une part, il y a l’artiste afro soul flamboyante et énergique, l’auteure-compositrice dénonciatrice et la voix profonde aux couleurs multiples ; de l’autre : l’intervenante jeunesse, l’organisatrice citoyenne et la conférencière. Mais ce samedi soir, c’est la lauréate du prix Coup de cœur de la Place des Arts et de Vision Diversité, offert dans le cadre de la Vitrine des musiques locales métissées 2014, qui se lève dans le contexte plus intime de la salle Claude-Léveillée. Veeby est l’une des belles découvertes montréalaises de la musique urbaine des dernières années.

« Je porte plusieurs casquettes, mais il n’y a rien d’incohérent dans mes actions, affirme-t-elle. Mon implication citoyenne se ressent dans ma musique et je m’inspire des gens que j’accompagne dans différents projets pour dénoncer des choses dans ma musique. C’est comme un cercle qui tourne. Le fil conducteur, c’est de combattre les injustices et d’utiliser toujours l’éducation, la sensibilisation, la formation et la jeunesse. C’est toujours ça qui est à mon sens le moteur du changement. »

Avec les Malika Tirolien, BerekYah, Emrical et d’autres qui sont de plus en plus nombreux, Veeby incarne une passionnante nouvelle génération d’artistes de paroles conscientes qui s’inspirent de la soul, du R&B, du hip-hop ou des nouveaux créneaux de la musique urbaine. En 2012, elle a fait paraître The Journey, un premier album aux parfums de soul, de gospel et de R&B. Chanteuse à la voix souple, puissante et intime, elle crée un fort environnement vocal avec des montages denses et plusieurs voix intenses qui chantent, rappent, vocalisent entre les deux, se répondent, se suivent, s’harmonisent, s’imbriquent les unes dans les autres.

« Oui, plusieurs couleurs, confirme-t-elle. Parce que, ce qui fait beaucoup ma particularité, ce sont les gens qui me le disent, c’est que j’ai la possibilité de véhiculer beaucoup de choses avec des émotions. J’arrive à bien transformer les fréquences de ma voix. C’est très important pour aller chercher certaines sensations. Je travaille beaucoup sur les couleurs, les intonations, les intensités, les octaves. »

Dans The Journey, Veeby s’inspire davantage de ses premières influences, mais avec le prochain, elle fera évoluer la trajectoire : « Je me suis rendu compte que je pouvais explorer et aller chercher beaucoup de sonorités dans la musique africaine et mon deuxième disque aura cette couleur-là : africaine et plus hybride, avec ce mélange entre hip-hop, soul et toutes les influences que j’ai. »

Jusqu’à maintenant, elle a surtout porté ses messages d’amour, de paix et de respect en français et en anglais, mais ici encore, de nouveaux mots apparaissent maintenant en bassa’a, sa langue maternelle, et en douala. Elle raconte : « J’essaie de plus en plus de faire découvrir comment ça sonne, comment ça swingue avec toutes les musiques. Nos langues locales sont importantes et, si on n’y fait pas attention, on va les faire disparaître. C’est pas que je vais faire mon prochain album complètement dans ma langue maternelle, parce que je ne suis pas juste ça, mais je trouve que c’est important d’entendre ces langues dans chacune des pièces, même si c’est juste un refrain, une phrase, un mot, pour que les gens se demandent ce que c’est, d’où ça vient. » Ici, la langue devient une autre facette de l’engagement global de Veeby.

À la salle Claude-Léveillée de la Place des Arts, le samedi 18 avril à 20 h

Veeby - Sango