Humain trop humain, San Carol

Un déclencheur de liesse, ce San Carol. Rien de moins. Avec son premier album, La main invisible, le barbu d’Angers (France) visait non sans ironie à contribuer, comme le veut l’expression d’un certain Monsieur Smith, à l’enrichissement et au bien-être de tous. Maxime Dobosz est de retour, toujours pour notre plus grande exaltation, avec Humain trop humain. Loin du cynisme effrayant du philosophe allemand en fin de parcours, l’album entier nous plonge dans une transe perpétuelle à nous faire oublier la guerre en cours, le climat qui fout le camp et autres bouffonneries politiques. Synthétique, brutal, furieusement actuel, cet opus de krautrock trempé culmine dans Harmonie holistique, Invitation à la vie intense et Venture. Les pieds sales et endoloris d’avoir trop dansé sur ces pseudo-tubes se reposent alors qu’on s’imprègne doucement d’un aphorisme nietzschéen : « La mère de la débauche n’est pas la joie mais l’absence de joie. » Dont acte.

Humain trop humain

Électro brutal

San Carol, Gonzai Records