MANdolinMAN: à la fois très flamand et universel

MANdolinMAN s’est constitué sur le modèle d’un quatuor à cordes avec deux mandolines qui occupent la fonction des violons, un mandocelle qui remplace le violoncelle et la mandole au lieu de l’alto.
Photo: Source MANdolinMan MANdolinMAN s’est constitué sur le modèle d’un quatuor à cordes avec deux mandolines qui occupent la fonction des violons, un mandocelle qui remplace le violoncelle et la mandole au lieu de l’alto.

De Flandre, deux seuls groupes trad ont émergé sur la scène internationale : Het Brabants Volksorkest fondé par le grand collecteur Hubert Boone et MANdolinMAN dirigé par son fils Andries Boone. À sa manière, chaque formation est le reflet de la tradition du Vlaams-Brabant, le Brabant flamand. Le premier groupe descend directement des fanfares et le deuxième adapte cette même musique à la formule du quatuor de mandolines, mais lorgne aussi vers la bossa.

Voici donc MANdolinMAN en tournée québécoise jusqu’au 15 mars. Ce mardi, ses membres s’arrêtent au Balcon dans le cadre d’un souper-spectacle et deux jours plus tard, ils animeront la salle D’Youville du Palais Montcalm. Ils sont à la fois excitants et délicats, très flamands et universels.

Mais d’où vient l’idée de transposer des pièces traditionnelles pour un quatuor de mandolines ? Réponse d’Andries Boone : « Comme je suis violoniste et aussi un peu autodidacte à la mandoline, je voulais faire quelque chose de plus moderne avec le répertoire flamand. Et en tant que musicien folk, je suis très inspiré par le travail des groupes de mandolines aux États-Unis ou par des artistes comme David Grisman. On a donc fait cette combinaison pour donner un autre son à la tradition. C’était une musique pour danser, mais un peu trop binaire pour nous. Nous voulions faire quelque chose d’original avec un instrument qui n’est pas un instrument de notre tradition. »

Créé en 2011, MANdolinMAN a fait paraître deux disques. D’abord Old Tunes, Dusted Down qui ne renferme que des pièces traditionnelles et que le label ARC Music a révélé sur la scène internationale en 2014. Puis MANdolinMAN plays Bossa Nova, empreint bien sûr du genre brésilien, mais également ouvert à la rumba gitane et à des compositions aux touches plus folk. Un troisième album qui est en préparation marquera le retour du groupe à un répertoire plus traditionnel. Au Québec, ce caractère flamand sera mis à l’avant-plan, même si quelques pièces à tendance bossa seront également offertes.

Andries Boone met les choses en contexte : « Ce répertoire était en train de se perdre et c’est mon père qui a commencé à [solliciter] les vieilles gens dans les années 1950 pour voir ce qu’il restait sur partitions ou dans la tradition orale. Il a poursuivi ce travail jusqu’à la fin des années 1980. Lors de cette décennie, il y avait quelques groupes de musique traditionnelle, mais cette génération ne joue plus. Aujourd’hui, il existe un mouvement folk, mais les musiciens liés à ça font presque seulement de la musique irlandaise ou des compositions inspirées par la France ou la Bretagne. »

MANdolinMAN interprète des polkas rapides ou plus progressives, de la valse bien ornementée, de la mazurka tout doucement livrée et une suite de contredanses, en plus des scottishs. « Ce sont toutes des danses que les fanfares jouaient dans les mariages ou les kermesses », raconte Andries Boone. « La polka est typiquement belge, même si elle n’est pas originaire de chez nous. En Belgique, il y a beaucoup d’influences allemandes et tchèques, mais la contredanse, qui était jouée plutôt chez les riches, est plus influencée par la musique irlandaise. C’est la Belgique. Tous les pays viennent ici dans l’histoire pour se battre. Les Français et les Allemands se disent : “ On va se faire la guerre, mais on va faire ça en Belgique. ” Et nous, on prend toutes les influences. C’est typiquement belge. »

MANdolinMAN s’est constitué sur le modèle d’un quatuor à cordes avec deux mandolines qui occupent la fonction des violons, un mandocelle qui remplace le violoncelle et la mandole au lieu de l’alto. Le déplacement en vaut le coup. Rares sont les groupes européens du genre.

En tournée québécoise jusqu’au 15 mars. À Montréal : souper-spectacle au Balcon le 10 mars à compter de 18h. Renseignements : 514 528-9766. À Québec : à la salle D’Youville du Palais Montcalm le 12 mars à 20 h 30. Renseignements : 418 641-6040, ou sans frais : 1 877 641-6040.