Le journal d’Anne Frank, Jorane

Quel que soit l’épisode de la Deuxième Guerre mondiale mis en musique, la tonalité reste la même : dramatique. C’est la finesse du rendu qui distingue les trames trop déchirantes des compositions nuancées, ipso facto plus dérangeantes. Pour la pièce Le journal d’Anne Frank, présentée au TNM, Jorane a puisé avec brio dans le mal-être, le confinement et l’espoir vain endurés par les deux familles cachées dans l’Annexe, puis envoyées à la mort en 1944. Violoncelle et violons se collent à des effets sonores réels qui reprennent la traque des SS et la confusion des quais, une fois aux camps. L’histoire ressuscite. Il y a une immense tristesse, surtout charriée par la Berceuse pour Anne Frank, mais aussi du silence et des percus pour marquer le poids du temps. Partout suinte une peur larvée, exacerbée par le ton expérimental de certains morceaux. Sans avoir une facture intemporelle, le travail de Jorane porte deux charges : celle de l’horreur pure et celle, plus noble, de la mémoire.

Le journal d’Anne Frank

Bande sonore originale

Jorane, Spectra Musique

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