Quand l’électro va tout va

Igloofest s’installe ce vendredi soir dans le Vieux-Port de Montréal.
Photo: Michel Legault Igloofest s’installe ce vendredi soir dans le Vieux-Port de Montréal.

Déjà rendu à sa neuvième année d’existence, l’événement musical extérieur Igloofest a le mistral dans les voiles. La réputation de ce festival extérieur permettant de se déhancher sur des musiques électroniques est meilleure que jamais chez les musiciens, et comble de bonheur, l’électro profite d’une grande popularité. Ce qui n’est pas sans conséquence pour l’Igloofest, qui se met en branle ce vendredi soir.

Installé dans le Vieux-Port de Montréal pour les quatre prochains vendredis, samedis et dimanches, Igloofest n’a pas cessé de croître depuis ses premières éditions. L’an dernier, pendant les 12 jours de l’événement, pas moins de 86 000 personnes sont venues danser sur les lieux, soit 13 000 de plus que lors de l’édition précédente.

En entrevue au Devoir, Michel Quintal, directeur de la programmation, cofondateur et directeur des commandites d’Igloofest, explique entre autres cette hausse par le caractère assez unique de l’événement. « Les gens se disent : “ faut au moins y aller une fois. ” L’hiver, c’est un peu dans notre ADN, et on est des gens de party. Ces deux aspects-là mis ensemble font que les gens veulent essayer, veulent venir triper. Et quand il fait super froid, ça devient presque un défi. Et il y a au moins la moitié des gens qui viennent à Igloofest qui n’écoutent pas de façon régulière de la musique électronique. »

Du son et des dollars

De façon complémentaire, c’est aussi la popularité grandissante de la musique électronique qui hisse Igloofest vers de nouveaux sommets. Quintal admet que les gros noms de l’électro, qui font souvent ce qu’on appelle de l’EDM— « electronic dance music » —, ne correspondent pas nécessairement à la signature musicale de son événement. « Mais ça fait en sorte que c’est “ in ” d’aller dans le genre d’événement comme le nôtre, et on en profite par la bande. »

Pour 2015, Igloofest a augmenté son budget de programmation, en partie parce que les revenus ont augmenté en 2014, mais surtout parce que les cachets des artistes ont connu une forte hausse. « Un artiste qu’on aurait payé 5000 $ l’an passé demande de 10 000 $ à 12 000 $ cette année. C’est une inflation incroyable. » Quand même, le prix des billets reste très bas. Pour une soirée complète sur le site de l’Igloofest, il en coûte une vingtaine de dollars, et il est possible de se procurer des forfaits pour une fin de semaine.

Quelques modifications

En 2014, l’organisation avait mis le paquet en installant un nouvel espace impressionnant, fait de conteneurs empilés qui servaient aussi de murs de projection. Le site sera assez similaire cette année, précise Michel Quintal, qui travaille aussi au Piknic électronik, événement cousin d’Igloofest. « Notre méthode c’est qu’il y a une année où il y a de gros changements dans la scénographie ou dans la plantation du site, et l’année suivante, où on est en continuité, où on améliore. »

Cet hiver, on vissera donc quelques boulons pour améliorer l’expérience des fêtards vêtus d’habits de neige et de tuques fluo. « On va voir des différences dans les vidéos, dans l’éclairage, dit Quintal. Et on a vu avec la croissance qu’il fallait ajuster d’autres détails, le nombre de serveurs et le nombre de bars, et on a déplacé des trucs pour que la circulation soit plus facile sur le site. »

Pour les moins jeunes

Autre changement, Igloofest a déplacé ses soirs d’activités, abandonnant le jeudi au profit du dimanche soir. Quintal espère ainsi attirer un peu plus de danseurs de 24 à 35 ans, qui seraient plus frileux les jeudis, par ailleurs le jour où l’événement attirait les plus petites foules. « Et quand on demandait aux gens pourquoi ils venaient le samedi, c’était beaucoup en raison du temps pour se préparer. On ne veut pas aller à Igloofest après la job, on a besoin de retourner chez nous, de vraiment mettre les 12 couches de linge ! »

En toute logique, une zone VIP a même été installée cette année, offrant plus de confort et de chaleur aux danseurs. « Ce côté-là risque d’améliorer notre ratio de gens un peu plus âgés, parce qu’on les a peut-être un peu perdus au fil du temps quand l’événement a pris de l’ampleur. Je le sais que moi, en vieillissant, j’ai moins de fun à être dans une foule. Mais j’ai bon espoir qu’on va pouvoir retrouver ces gens-là. C’est eux qui ont en quelque sorte créé Igloofest. Je pense que c’est important d’essayer de les garder. »

Chérie, appelle-la gardienne, on va danser !

Quelques choix

Michel Quintal, d’Igloofest, est bien heureux d’avoir pu engager cette année des artistes comme le Danois Kölsch, le Suisse Deetron et le Belge Kill Frenzy, « sur lesquels j’ai vraiment tripé dans la dernière année, qui sont dans mes “ musts ” de 2014 ». Le public lui demandait aussi depuis quatre ans qu’il invite le DJ Luciano, ce qu’il est parvenu à faire cette année. « Et pour l’ami lecteur du Devoir, je suggère la soirée d’ouverture vendredi, avec Gui Boratto. Il a fait de sublimes remix de Massive Attack, et l’album qui est sorti cette année a eu une grosse portée, en dehors de la musique électronique, il a transcendé les frontières entre les genres. »


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