Leloup pour briser la glace, Cormier pour le dégel

Jean Leloup fera paraître À Paradis City le 3 février.
Photo: François Pesant Le Devoir Jean Leloup fera paraître À Paradis City le 3 février.

La saison d’hiver de la chanson rock s’est jouée aux derniers jours de l’automne dernier. Le 19 décembre, Jean Leloup débarquait sur Facebook, nouvelle chanson (Willie) et clip assorti. Même si on avait vu ses guitares au studio Victor, indice probant, ça sortait de nulle part. Du Leloup façon Leloup, instantanément mémorable, avec des tournures à la Leloup : « Le ciel est noir de ce noir bleu/Que l’on voit quand on est triste/Ou bien joyeux ». Grosse Boîte avait le communiqué tout prêt : album intitulé À Paradis City, à paraître le 3 février, photo de pochette et liste de titres en preuve.

Et puis, pas plus tard que le lendemain, à la Maison symphonique, Louis-Jean Cormier offrait quatre titres de son deuxième album solo, et lançait en guise d’au revoir une date de sortie : rendez-vous le 24 mars ! Les versions avaient de l’allant et de l’audace en symphonique, des envolées qui annonçaient le retour de l’irrépressible fan de prog chez Louis-Jean. « Je te suivrais n’importe où/Je serais ton chemin de fer », chantait-il dans Tête première, la bien nommée. Bien sûr qu’on ira où il va.

Sorties espacées

Et entre ceux-là ? On a déjà parlé des émissions de télé autour des chansons d’Yvon Deschamps : Deschampsons, l’album hommage, s’en vient. On note au moins trois autres sorties événementielles, bien espacées, qui ne misent pas sur le marché des Fêtes, mais sur des fidélités et des promesses tenues : les nouveautés de Marie-Pierre Arthur (Si l’aurore, à la mi-février), du groupe phare Galaxie (fin février), d’Ariane Moffatt (22 h 22, le 10 mars).

Il y a aussi ceux qui lanceront leur disque un peu en dehors du temps, et advienne que pourra : ainsi surgiront Jérôme Minière, Domlebo, Andre Papanicolaou, Tire le coyote, Jipé Dalpé, Michael Jerome Browne (qui revisitera les chansons du « Deep South »), ainsi que Pierre Flynn, avec un premier album studio depuis le Mirador de… 2001. Éric Goulet à la réalisation.

Corollaire de l’hiver, quelquespremiers albums tenteront de profiter de la relative accalmie. Kensico, Sarah Bourbon, Elliot Maginot, Julie Blanche se lancent, et le duo Milk Bone (Camille Poliquin, Laurence Lafond-Beaulne) va en toute probabilité concrétiser la belle rumeur créée par les titres avant-coureurs.

Et ailleurs dans le monde?

On attend toujours le troisième d’Adele : rien encore à l’horizon. Pas encore de confirmation non plus en ce qui concerne le disque studio de l’ineffable Polnareff, mais tel notre Fiori, ça se peut. Certitudes ? Le Dylan chantant Sinatra nous parviendra le même jour que Leloup, ça fait peur. Dans le même genre hors curriculum, on aura Diana Krall tâtant de la pop et du folk : c’était déjà agréable au FIJM.

Ce que j’attends, moi ? Le Policy de Will Butler, le Curio City de Charlie Winston, le nouveau Decemberists, le Short Movie de Laura Marling, le Deepest Lake du fascinant groupe Dengue Fever (du chant indien sur fond surf !), le prochain JD McPherson, le tout premier album solo de la Kate Pierson des B-52s (joli titre : Guitars and Microphones), le Mono des formidables Mavericks, le Rivers de l’increvable Dick Rivers, le déjà coolissime Chasing Yesterday de Noel Gallagher avec ses High Flying Birds, le projet tout frais de Modest Mouse, le nouvel album du groupe belge Girls in Hawaii, le énième du cher Steve Earle, etc. Le Rebel Heart de Madonna, le Mylène Farmer ? Si vous y tenez, si vous y tenez vraiment, on en parlera aussi.