Le bonheur des oiseaux de nuit

Timber Timbre
Photo: Jeff Bierk Timber Timbre

C’est pas truqué, mais il y a de la nuit au sommet de ce palmarès. Et du bonheur retrouvé. Il y a aussi de la variété sonore et rythmique, à l’image de la bouillonnante scène musicale d’ici.

Timber Timbre, Hot Dreams. Le groupe montréalais folk-rock mené par Taylor Kirk a frappé un grand coup avec son Hot Dreams, qui défile effectivement comme un rêve chaud et humide, dans tous les sens du terme. C’est la nuit, mais c’est aussi la lumière, le désert, c’est Morricone sur du pavé mouillé. Même le saxophone trouve sa place à merveille à travers les guitares et les vieux claviers. Hypnotisant.


Grand Canyon

2. Philippe B, Ornithologie, la nuit : Y a pas à dire, Philippe B est un des meilleurs auteurs-compositeurs du Québec. Sa chanson offre un solide et touchant tissage paroles-musique, et il le prouve encore sur Ornithologie, la nuit. C’est un album de bonheur retrouvé, un album qui scrute l’amour au fil des saisons. Philippe B se fait peut-être un peu moins magistral que sur son Variations fantômes, mais c’est tout de même du grand art, joué un peu plus au piano qu’auparavant.

L'année du serpent
Voir notre entretien avec Philippe B, qui chante et raconte... Calorifère

3. Chocolat, Tss Tss. Le groupe de Jimmy Hunt, amélioré de la présence du guitariste Emmanuel Éthier, s’est payé cette année un trip de musiciens assez flyé. Huit chansons, autant d’univers rock, passant par des sonorités psychédéliques, krautrock, classic rock même. Voici de la musique faite sans contraintes ou presque, sans respecter les règles, volontairement en déséquilibre. Juste assez amère, juste assez sucrée.

Méfiez-vous du Boogaloo

4. The Barr Brothers, Sleeping Operator. Combien de matins de fin de semaine passés à écouter le dernier disque des Anglo-Montréalais des Barr Brothers ? C’est un folk-rock parfait pour faire respirer le cerveau, parfois doux, parfois plus rock, mais jamais lourd. Des guitares et une harpe ? Ça marche.

How the Heroine Dies

5. Philémon Cimon, L’été. Cette année, c’est Philémon Cimon qui a peut-être fait les chansons où on s’époumone avec le plus de plaisir en chantant des « pa-pa-pa » et des « ouh-ouh-ouh ». Il a le sens de la montée, du talent pour les refrains, et la voix remplie d’émotions. Dur de résister à sa pièce Au cinéma. Un très bel Été.

Au cinéma
Voir notre entretien avec Philémon Cimon en studio

6. Eman X Vlooper, XXL. Le rappeur Eman et le fabricant de rythmes Vlooper, tous deux issus d’Alaclair Ensemble, offre avec XXL un album inventif, au tempo plutôt lent, mais aux titres accrocheurs. C’est québécois dans les mots (même qu’Ariane Moffatt y participe), américain dans le son, international dans la portée.

Dookie

7. Antoine Corriveau, Les ombres longues. Juste dans le titre, on comprend le ton du dernier disque d’Antoine Corriveau. Poétique, sombre. On vous disait dans ces pages qu’il faisait de la chanson de fond ; c’est qu’il faut laisser le temps aux mots, aux chansons, le temps au disque de révéler ses beautés, inspirées d’une peine d’amour et du printemps érable. À découvrir.

Le temps des coupes à blanc

8. Dany Placard, Santa Maria : Après s’être fait personnel et émotif sur son précédent disque, Dany Placard avait envie d’avoir du fun. Du gros fun, un peu niaiseux sur les bords. C’est pile ça qu’on a dans les oreilles, et on s’amuse autant que lui avec ses nouveaux titres country-rock. Un disque qui nous fait sourire, c’est bien, non ?

Confucius

9. Boundary, Still Life : Deuxième disque du projet électronique mené par Ghislain Poirier, Still Life semble tiré d’une autre époque (celle de Blade Runner, tiens), mais est un plaisir à écouter dans la nôtre. C’est un album de solitude, de nuit, de concentration, radical par sa simplicité.

Rosemont

10. Dramatik, Radiothérapie : On parle beaucoup du rap québécois nouveau genre, mais il faut souligner le travail du vétéran Dramatik, dont la méthode plus classique porte ses fruits sur Radiothérapie. C’est dansant, rappé avec un flot tranchant, et en plus, l’ex-Muzion écorche et souligne quelques débilités de notre société. La tête et le cœur y sont.

Radiothérapie
1 commentaire
  • Jacques Blouin - Inscrit 17 décembre 2014 12 h 45

    vraiment dommage qu'on ne trouve pas liens audios dans l'application tablette.