Mundial Montréal, plus transculturel que jamais

Sébastien Nasra est le fondateur de la vitrine Mundial Montréal et de M pour Montréal.
Photo: Annik MH De Carufel Le Devoir Sébastien Nasra est le fondateur de la vitrine Mundial Montréal et de M pour Montréal.

Seule vitrine du genre en Amérique du Nord, le Mundial Montréal se déroule du 18 au 21 novembre dans dix salles montréalaises sur le thème « Roots transglobales ». Sauf quelques exceptions, n’y cherchez pas les vedettes accomplies, mais de véritables talents qui se feront valoir devant les promoteurs et diffuseurs : en tout, 34 artistes, dont presque la moitié provenant du Québec, cinq de l’international, soit plus qu’auparavant, et les autres du reste du Canada.

Le thème « roots transglobales » renvoie à son lot de projets acoustiques, mais aussi à des fusions électroniques : « Le marketing des musiques du monde a été un manège de controverse, de passion et de confusion rempli de joie. Il ne s’agit pas vraiment d’un genre musical, mais d’une ombrelle pour ce que Marshall McLuhan a appelé le “Global Village”. Quand la musique devient transglobale, elle ne connaît plus de frontières », fait valoir le directeur artistique Derek Andrews dans le programme de Mundial.

Au téléphone, il précise la démarche : « Nous sommes partis d’un artiste comme Le Vent du Nord, qui est célébré dans les festivals de world music. Nous avons aussi trouvé Jaron Freeman-Fox, un violoneux très fort, et deux violoncellistes : Cris Derksen et Anne Janelle. Puis nous avons vu des collisions entre la tradition et d’autres cultures. Nous avons identifié cela comme une tendance intéressante à explorer. »

Plusieurs de ces artistes qui créent des ponts entre les océans seront donc présents : le bluesman Paul Deslauriers avec le sitariste Anwar Khurshid, Odessa Havana, qui mélange les musiques juive et latino, CanadAfrica, tout en blues nord-américain et en rythmes ghanéens, DakhaBrakha, qui marie la nouvelle Ukraine à la planète, et le Gypsy Kumbia Orchestra qui partage la soirée de clôture avec les Torontois du Lemon Bucket Orkestra. On avait également prévu la participation du Québécois Romain Malagnoux avec le Malien Moustafa Kouyaté, mais ce dernier n’a pu obtenir son visa et sera remplacé par le Montréalais Salif Dit Lasso Sanou.

Mundial Montréal se définit comme la plaque tournante des musiques du monde sur le marché nord-américain. Quels en sont les résultats directs ? 113 musiciens présentés depuis le début, une centaine de contrats par année débusqués pour les musiciens depuis deux ans, une participation accrue des artistes internationaux et des partenariats plus nombreux, autant avec le Babel Med Music de Marseille qu’avec les organismes provinciaux dédiés à l’exportation des artistes. « Comparativement à M pour Montréal, Mundial Montréal évolue vraiment rapidement, peut-être parce qu’il y a moins de vitrines-conférences dans ce créneau », constate Sébastien Nasra, le fondateur des deux événements, sur un ton optimiste.

Découvertes autochtones

Aussi à surveiller au Mundial Montréal:

DakhaBrakha Ce quatuor ukrainien sera l’une des révélations de Mundial. À la fois mystique et physique, traditionnelle et profondément urbaine, sa musique fusionne, fait fondre la polyphonie slave dans l’art vocal contemporain. Une découverte majeure !

Samito Artiste au groove magique, Samito mélange très habilement l’acoustique et l’électro. Claviériste et producteur, il est peut-être la prochaine révélation montréalaise de souche africaine. On attend son premier disque avec grand intérêt.

Jaron Freeman-Fox Héritier spirituel d’Oliver Schroer, ce violoneux-violoniste torontois redéfinit les limites de son instrument en se plongeant à la fois dans les univers nordiques, celtique et indien, entre autres. On le compare parfois à Frank Zappa.

Kinnie Starr Rappeuse, activiste et provocatrice, elle cause de sexe, d’amour et d’identité. Sur «Kiss it», son plus récent projet, Kinnie Starr mélange rap, beat et slam. Elle peut aussi devenir intimiste.

Cris Derksen Multi-instrumentiste de formation classique et compositrice-interprète, cette violoncelliste de Vancouver explore la guitare rockeuse sur des airs mélodiques et des beats électro.

Beatrice Deer Chanteuse-compositrice-interprète de Quaqtaq, au Nunavik, elle plonge dans ses racines inuites avec son groupe montréalais. On attend un nouvel album sous peu.

Martha Redbone D’origine choctaw, shawnee et afro-américaine, elle arrive de New York avec une plainte dans la voix et son folk mâtiné de r&b et d’accents autochtones.

Mundial Montréal

Du 18 au 21 novembre. Renseignements : 514 925-0050.