Plus franco, plus touffu, plus follement Pop

Pierre Kwenders et le percussionniste Julien Sagot (membre fondateur du groupe Karkwa) ont chauffé la foule lors de la soirée du dévoilement de la programmation de Pop Montréal.
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Pierre Kwenders et le percussionniste Julien Sagot (membre fondateur du groupe Karkwa) ont chauffé la foule lors de la soirée du dévoilement de la programmation de Pop Montréal.

C’est tout à fait l’esprit Pop Montréal : aller où l’on ne va pas. Quitte à cuire tout le monde façon oeufs sur le plat, organisateurs, artistes et médias sous le soleil exactement, un mercredi matin à l’intérieur d’un carré de barrières de métal, en pleine place Émilie- Gamelin, pour le dévoilement de la programmation complète de l’événement, 13e du nom.

 

Confort, quel confort ? Culture de l’impossible, marque de commerce du festival, bien à l’image de son directeur artistique, Dan Seligman, qui arborait une casquette disant tout en un mot : « Yo ! » Comment expliquer autrement les 400 spectacles en cinq jours, du 17 au 21 septembre, et la possibilité de se procurer une « superpasse » prioritaire (à 299 $ ou 350 $) pour tout, tout, tout voir ? Pop Montréal, plus que jamais, c’est le vertige érigé en sport extrême du passionné de musique en tous genres et amateur d’aventures connexes : symposium Pop, art Pop, cinéma Pop, quartiers Pop dans la grande bâtisse du 3450, Saint-Urbain, Fashion Pop, foire du disque et foire d’artisanat Pop, Kids Pop et ainsi de suite Pop.

 

Où aller, où aller ? Qui voir absolument ? À part ceux qui nous titillent déjà la billetterie depuis le premier dévoilement du début de l’été ? Seligman, très excité (on le serait à moins), n’a pas manqué de rappeler que nous aurons droit au Ronnie Spector’s Beyond The Beehive, véritable happening moitié musique moitié storytelling, où l’ex- Ronette, « une vraie légende », racontera et chantera sa vie incroyable. Pareillement, Seligman s’est exclamé, après avoir mentionné les spectacles plus qu’attendus de Suzanne Vega et de Gazoline avec Simon des Lutins, ainsi que l’événement Pop vs Jock III (une partie de « basket-bénéfice » fomentée par Win Butler, d’Arcade Fire) : « The fucking Unicorns will be here ! » Groupe culte indie, faut-il préciser.

 

On aura également noté, lors de ce dévoilement très majoritairement présenté en français dans le texte, une volonté clairement affichée d’inclure plus que jamais la chanson francophone d’ici dans le portrait : se produiront dans l’un ou l’autre des 47 lieux réquisitionnés par Pop Montréal (dont le Café Cléopâtre et l’église Saint-Jean-l’Évangéliste) les Catherine Leduc, Jimmy Hunt, les DeuxLuxes, Maison Brume, Paul Cargnello, Philémon Cimon, René Lussier (pour les 25 ans du Trésor de la langue), Zébulon réuni, Pierre Kwenders et autres Téléphone Maison. Sans oublier nos anglos et nos anglophiles, de Li’l Andy à Secret Sun.

 

Pop Montréal, festival écartelé où il s’agit de se perdre exprès, ce sera la Californie de Sheryl Crow à L’Olympia autant que la psychédélie de Panda Bear au Rialto, la conférence « Sommes-nous devenus des sous-locataires numériques ? » à la même enseigne qu’une classe de maître sur la musique de film. Tout ça et tellement plus. La fréquentation du site popmontreal. com (avec application iPhone ou Android) est plus que requise : vitale. Vitalement Pop.