Le disque qui a annoncé un festival

La Bottine 82 Chic & swell se produira sur scène au festival Mémoire et Racines.
Photo: Pierre Dinel La Bottine 82 Chic & swell se produira sur scène au festival Mémoire et Racines.

Dans le coeur des amateurs, il y avait la « vieille » ou « l’ancienne » Bottine, qui a précédé l’ajout des cuivres, et la « nouvelle » Bottine qui a suivi. Voici maintenant la Bottine 82 Chic & swell, du nom d’un disque beaucoup plus marquant qu’il n’y paraît. Samedi et dimanche, Mémoire Racines propose la réunion, le temps de deux concerts, des cinq musiciens qui ont enregistré l’album Chic & swell. Un événement historique puisqu’aucun d’entre eux ne fait encore partie de l’actuelle Bottine souriante.

 

« Avec ce disque, la Bottine souriante a introduit la musique canadienne-française au monde », a écrit Richard Fross sur le site allmusic.com. Il n’a raison qu’en partie puisque les Jean Carignan et Philippe Bruneau, pour ne citer que ceux-là, avaient précédé le célèbre groupe lanaudois. Mais la Bottine fut, avec Eritage, l’un des premiers groupes à faire le tour des festivals folk nord-américains.

 

« Chic & swell est le disque qu’on amenait quand on a commencé à tourner au Canada. On apportait des boîtes de disques. Une tonne par boîte. C’est le disque qu’on vendait sur la route à ce moment-là. Puis, on est revenu des festivals folk en se disant qu’il faudrait que ça se fasse au Québec », raconte Yves Lambert joint mardi au téléphone avec André Marchand, aujourd’hui Charbonnier, entre autres.

 

L’idée des membres de la Bottine 82 Chic & swell se concrétise et le premier Mémoire Racines a lieu en 1995. Le chanteur-harmoniciste Mario Forest en devient le premier directeur et Marchand est partie prenante de la programmation. Il explique : « On était une vingtaine et on s’était fait une charte. C’était un projet de musiciens. Mario a été pas mal l’initiateur et sans la collaboration du milieu, je ne suis pas certain que ça aurait pu décoller. Durant les trois premières années, les musiciens venaient sans cachet. »

 

Chic swell fut le premier disque de la Bottine souriante après le référendum de 1980 qui annoncera la descente aux enfers, pour un temps, de la musique québécoise. Est-ce la raison pour laquelle le groupe a dû « s’exiler » ? « C’était plus le goût de l’aventure, répond Bébert. Le référendum, ça sert à l’analyse de l’époque, mais je me souviens que quand on a appris qu’on s’en allait jouer aux États-Unis, on tripait en tabarnak. Mais, c’était aussi l’époque du disco. » Son chum Dédé apporte lui aussi son éclairage : « Je ne crois pas que la Bottine ait fait de la musique politique avec le poing dans les airs. Nous autres, on tripait sur la musique. Il y avait un revival
folk en Occident et c’est tout un univers qui s’ouvrait à nous. »

 

Le disque Chic & swell était aussi le premier auto produit par la Bottine et le premier après le départ du regretté Gilles Cantin qui était une légende dans la région. Pour plusieurs lanaudois, il y avait un après-Cantin et la pression était forte. Cela a poussé le groupe à redéfinir sa manière de travailler, à lécher ses arrangements, à donner plus de place à la guitare d’André Marchand, ce qui préfigurera Le bruit court dans la ville, et à introduire le flageolet et les autres instruments de Daniel Roy, un autre qui marquera l’histoire de Mémoire et Racines.

La Bottine 82 Chic swell

Au parc Bosco de Saint-Charles-Borromée, le samedi 26 juillet à midi, scène du Cornet acoustique et le dimanche 27 juillet à 17 h 30, scène Gilles-Cantin memoireracines.org

À voir en vidéo