Au diable les compromis !

Avec le temps, le Rêve du diable, toujours axé sur la spontanéité, est devenu le lien essentiel entre trad, country, chanson et musique de garage.
Photo: Productions Feber Avec le temps, le Rêve du diable, toujours axé sur la spontanéité, est devenu le lien essentiel entre trad, country, chanson et musique de garage.

Groupe culte dans le trad québécois, le Rêve du diable a précédé tous les autres, même les fondateurs de la Bottine qui étaient allés le consulter dans leur période chansonnière avant d’opter pour la musique traditionnelle. Et Gervais Lessard est tout un personnage avec son charisme, sa voix à l’ancienne et son humour décapant, à des années-lumières de la rectitude politique. Cette fin de semaine au parc Bosco de Saint-Charles-Borromée, ils seront dix hommes endiablés à souligner le quarantième anniversaire d’un groupe qui est peut-être le plus ancien du Québec. On présentera aussi le documentaire de Fabien Pelletier, alias Feber E. Coyote, Avec tambour et trompette, qui relate la vie du Rêve.

 

« Ça fait trois ans que Fabien travaille là- dessus et il a plein d’images. Il est venu nous voir dans les spectacles, il a fait des entrevues et il a ramassé des documents d’archives. Le film va s’appeler Des p’tites bettes, du nom d’une chanson du groupe », raconte Gervais Lessard en entrevue en mai dernier. Depuis, le titre a changé et le documentaire porte maintenant le nom du plus récent disque du Rêve, le premier en 11 ans, paru à l’automne dernier.

 

Avec tambour et trompette est différent des autres disques, la démarche y étant plus proche de la chanson populaire. « J’avais composé pas mal de chansons et je me rendais compte que je m’éloignais un peu de la tradition. Je voulais garder ça vraiment à part, mais Claude Morin trouvait que c’était dans le même esprit et voulait mettre ça dans l’album », explique Gervais.

 

Il travaille maintenant en duo avec son vieux complice multi-instrumentiste Claude « Le Clin » Morin. Lorsque les budgets le permettent, ils engagent d’autres musiciens. Sur le disque, ils ont fait appel à plusieurs invités, dont Ivanhoe Jolicoeur à la trompette, Mara Tremblay au chant, Daniel Lemieux au violon et aux pieds, Daniel Roy à la bombarde et Pierre Lavoie au lap steel et dobro. On y trouve des reels pas polis, de la satire, des chansons personnelles ou sociales et beaucoup de tendresse. Parfois, Brassens et Laurence Lepage ne sont pas loin. Le Rêve est devenu le lien essentiel entre trad, country, chanson et musique de garage.

 

« Je compare la musique que je fais à du vieux rock ou du vieux blues. Le côté quasiment garage, c’est toujours ce qui a été un peu la philosophie du Rêve du diable. C’est de ne pas trop pratiquer, parce que si on pratique, on va perdre le sens de la spontanéité. On essaie de ne pas arriver avec des affaires trop bien cannées. C’est quand on est devant le public qu’on s’exprime. »

 

Le regard que Gervais porte sur le trad d’aujourd’hui va dans le même sens : « Des fois, j’aime ça. Mais ce que j’aime dans la musique traditionnelle, c’est la simplicité, le côté facilement abordable. Aujourd’hui, on complique ça, on met du jazz et de la musique classique là-dedans. On fait des arrangements, ça change le rythme et à un moment donné, il y a des choses qui ne sont pas naturelles. Moi, ça me tenterait pas de faire ça », conclut-il avec un grand rire sans malice.

Le Rêve du Diable - Les rats

Le Rêve du Diable

Au parc Bosco de Saint-Charles-Borromée. Sur la scène Gilles-Cantin, le vendredi 25 juillet à compter de 19 h. Sur la scène du Cornet acoustique, le dimanche 27 juillet à 16 h. Projection du documentaire Avec tambour et trompette, samedi à 14 h et dimanche à 13 h 30.