Félix Leclerc toujours vivant

Diane Dufresne
Photo: Francis Vachon Le Devoir Diane Dufresne
Les interprétations faites par Misteur Valaire et Radio Radio des chansons de Félix Leclerc ont prouvé jeudi, à Québec, à quel point son répertoire est intemporel. Mais c'est le vétéran Joseph Rouleau qui a livré la performance la plus mémorable du concert Félix je me souviens.

En attendant Yan Perreau et Radio Radio boucler Le phoque en Alaska à sauce électro, il y avait de quoi être séduit. Le style était pour le moins inattendu mais comme d'habitude la foule a entonné le refrain à la fin comme si on l'avait chanté à la guitare sèche.

Juste avant, les gars de Radio Radio nous avaient balancé un Québécois en mode hip-hop complètement jouissif. Souhaitons qu'ils la refassent ailleurs dans l'avenir. Plus tard, la version du Petit bonheur et surtout de L'alouette en colère par Groovy Aardvark a renforcé cette impression.

Ce genre de reprises est toujours assez risqué mais quand ça marche on fait avancer la musique, et surtout on va au-delà de la nostalgie.

On avait aussi convié des artistes dont la parenté avec Leclerc semblait plus naturelle, tels Yves Duteil et Michel Rivard. Diane Dufresne a en outre livré un envoûtant Bozo avec aux choeurs la chanteuse d'opéra Marie-Josée Lord, une très belle prestation. Plus tard, la Chanson du pharmacien par Dufresne a aussi fait le bonheur de la foule.

Ça avait pourtant mal commencé avec l'arrivée de la pluie et une maladresse de l'animateur Yves Jacques qui cherchait ses mots dans les premiers moments. Mais au final, ce fut une soirée fort réussie dont l'objectif a été atteint, soit mettre en valeur le répertoire de Félix Leclerc. Le tout dans un mélange d'audace et de respect.

Malgré l'éclectisme des genres, le concert s'est déroulé sans ruptures dans une ambiance musicale enveloppante et pleine de finesse. En cela, il faut saluer la direction musicale de Jean-Benoît Lasanté.

La direction artistique avait quant à elle été confiée à Pierre Boileau, un vieux collaborateur de Daniel Gélinas (le directeur du Festival) qui avait notamment conçu le spectacle commémoratif Rencontres lors des Fêtes du 400e.

Par ailleurs, on avait fait beaucoup de cas dans les médias de cet hologramme, une première du genre sur une scène extérieure au Canada. La technologie permettait un duo virtuel entre le poète de l'île et Catherine Major. Sans être raté, ce numéro n'avait rien de particulièrement spectaculaire. À proximité de la scène on avait l'impression de voir chanter Major à compter d'une simple vidéo.

Sinon, il y eut décidément beaucoup de très belles prestations dans ce concert dont celles de Catherine Major au piano (100 000 façons de tuer un homme) et de Karim Ouellet (Moi mes souliers). La foule a aussi livré des applaudissements particulièrement nourris à Diane Dufresne et Yves Duteil.

Plus tard, la finale de L'hymne au printemps par la soprano Marie-Josée Lord faisait littéralement frissonner. Mais c'est le chanteur lyrique Joseph Rouleau qui a volé le show du haut de ses 85 printemps. Son interprétation très intense du Tour de l'Île donnait à la chanson quelque chose de presque sacré.

Dommage qu'il ait autant plu. Pour ceux qui pourraient se désoler de l'avoir manqué, ce concert doit être diffusé par Radio-Canada le 7 septembre. On pourra aussi le visionner sur Artv et Bell Expressvu.

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