Danser sous la pluie

Heureuse idée du festival de faire place à Groenland, une formation qui s’exécute uniquement en anglais et qui marie à merveille l’électro et les instruments à cordes, le tout appuyé sur la voix lumineuse de la chanteuse Sabrina Halde.
Photo: Valérie Nadeau Heureuse idée du festival de faire place à Groenland, une formation qui s’exécute uniquement en anglais et qui marie à merveille l’électro et les instruments à cordes, le tout appuyé sur la voix lumineuse de la chanteuse Sabrina Halde.

Les aléas de la météo ont fait en sorte qu’il n’a pratiquement pas cessé de pleuvoir de toute la 31e édition du Festival de la chanson de Tadoussac cette fin de semaine. Mais qu’importe, les rencontres musicales réjouissantes étaient au rendez-vous, et la foule avec elles.

 

En tête de liste, on place sans hésiter la rencontre des Hay Babies et des Soeurs Boulay. Elles ont monté, en à peine deux jours, un spectacle à cinq femmes uniquement pour Tadoussac. Un tour de chant livré avec aplomb et humour, au cours duquel les Acadiennes et les Gaspésiennes ont échangé le micro, en plus de le partager. Une belle démonstration de sincère complicité.

 

Ce spectacle est né d’une idée un peu casse-gueule lancée par la directrice artistique Catherine Marck. Un signe aussi que ce festival, berceau de nombreux talents québécois, aime suivre le développement des artistes qui passent par la Côte-Nord. Il faut savoir que les filles des deux formations ont déjà participé aux ateliers d’écriture du Festival, l’occasion pour des artistes de passer une semaine dans le village, à travailler leurs créations.

 

Autre talent découvert il y a de cela quelques années par les organisateurs, Pierre Lapointe a ouvert le festival cette année en solo. Il « cassait » d’ailleurs son nouveau spectacle Un Pierre Lapointe/un piano sur la scène de l’église, tout près d’une des plus belles baies du monde. Une mosaïque de pièces tirées de tous ses albums et qu’il annonce d’entrée de jeu déprimante « à 99 % », en communion donc avec le crachin qui nous accompagnait jusque sur le parvis.

 

La nuit Groenland

 

Autre ambiance, festive à souhait celle-là, pour le passage de Groenland dans le sous-sol de l’église dans la nuit de dimanche. Heureuse idée du festival de faire place à cette formation qui s’exécute uniquement en anglais et qui marie à merveille l’électro et les instruments à cordes, le tout appuyé sur la voix lumineuse de la chanteuse Sabrina Halde. Même scène la veille pour une autre voix puissante, celle de Betty Bonifassi, venue livrer son hommage aux chansons noires des années 1920, version électro-funk.

 

Belle découverte par ailleurs avec Les Chercheurs d’or et leurs inspirations country-folk, dansantes et joyeuses. Ils ont ouvert le bal deux soirs consécutifs pour une véritable sensation au festival cette année, Alex Nevsky. Il a résolument ce qu’il faut de mélodies accrocheuses et le groupe pour tenir ses promesses.

 

Du côté du joyeux bordel de l’auberge de jeunesse, Qualité Motel (la bande de Misteur Valaire) a saturé l’air de gros beat, et la foule en redemandait. On a aussi noté le nom de Mordicus, un groupe du Saguenay dont le rock un peu « bluesy » ferait penser aux Rolling Stones du début des années 70. Et pour leurs textes et le cabotinage plutôt plaisant, on retiendra le nom des Hôtesses d’Hilaire, encore une fois des artistes venus du Nouveau-Brunswick.

 

Déception cependant en raison de la météo, puisque les spectacles campés dans le décor naturel splendide de Tadoussac ont tous été annulés. De mémoire de journaliste, il fallait remonter à 2006 pour retrouver une édition aussi marquée par la pluie. Pas si mal comme moyenne.