Ustad Shahid Parvez Khan

Shahid Parvez Khan, qui a réalisé plus de 150 disques, est considéré comme l’un des plus grands sitaristes vivants. D’où le « ustad », qui veut dire « maître ». Certains spécialistes affirment même qu’il est actuellement le plus important, et l’affirmation revêt encore plus d’acuité depuis le décès de Ravi Shankar. Shahid Parvez Khan revient à Montréal ce samedi à la salle Bourgie du Musée des beaux-arts, accompagné par le tabliste Hindole Najumdar. Une grande rencontre est prévue pour les amateurs de musique classique hindustani.

 

En Inde, on parle d’un brillant improvisateur et d’un virtuose dans plusieurs facettes du raga. Au début de ses pièces, pendant l’alâp, il peut décortiquer trois seules notes pendant de longues minutes. Cela n’est pas le fruit du hasard puisqu’il descend d’une forte lignée de sept générations de musiciens : son père Ustad Aziz Khan lui a enseigné la musique et le regretté Vilayat Khan, une autre légende du sitar du vingtième siècle au même titre que Ravi Shankar, était son grand-oncle. En plus, plusieurs des cousins de Shahid Parvez Khan sont d’excellents interprètes au sitar et quelques-uns de ses fils prennent maintenant la relève.

 

Le maestro incarne le style Etawah Gharana, qui fut développé par l’une des plus anciennes écoles de musique en Inde. Ici, la particularité est de donner un écho à la voix humaine au bout des cordes, ou plutôt depuis la caisse de résonance du sitar. Pour l’avoir entendu en 2010, on peut affirmer que l’effet est saisissant. La technique permet d’apprivoiser des genres, comme le dhrupad, qui serait le chant le plus ancien de l’Inde du Nord, et le khayal, qui est celui des grands virtuoses. Tout cela est intégré dans la musique.

 

Shahid Parvez Khan marie cela avec les techniques du tantrakari, ce qui lui permet d’explorer toutes sortes de patrons rythmiques avec la main droite. S’il se produit sur scène depuis l’âge de huit ans, son nom n’est pas associé aux fusions avec les musiques occidentales, du moins sur disque. En plus d’être musicien, il a créé son académie à Phoenix, en Arizona.

À la salle Bourgie du Musée des beaux-arts, le samedi 14 juin à 19 h 30.

Renseignements : 514 620-4182, 514 515-8136

,