Longue soirée à l’OSM!

Le concert de mercredi débutait par un hommage à Franz-Paul Decker, directeur musical de l’OSM entre 1967 et 1975 et décédé lundi à Montréal. Le préambule de la directrice Madeleine Careau a ajouté un chapitre à l’odyssée « À quoi sert donc tout ce monde dans les bureaux de l’OSM ? ». L’administration n’a en effet même pas été en mesure de fournir à sa directrice les bonnes dates de la dernière apparition de Decker au pupitre de l’orchestre. Ce denier a bel et bien dirigé les 4 et 6 novembre 2008, certes, mais aussi un autre programme la semaine suivante. La dernière présence au pupitre de Decker remonte donc aux concerts des 11 et 12 novembre 2008.

 

Kent Nagano a ensuite demandé une minute de silence, enchaînant sur l’Air de la Suite en ré de Bach. Par bonheur le public n’a pas applaudi après, ce qui a permis à Nagano d’enchaîner sur la Symphonie n° 104 de Haydn, en ré majeur elle aussi. Nous n’avons pas retrouvé dans cette ultime symphonie la maîtrise et l’ivresse des précédents Haydn de Kent Nagano. Plusieurs entrées bavaient, il y avait moins d’inventivité dans les phrasés et moins de maîtrise du sujet. En fait, et en résumé, nous étions face au énième avatar cette saison de ces premiers concerts qui ressemblent à des répétitions générales. La 3e Symphonie de Brahms ne démentait pas cette impression, à tous les étages. En partant, le premier accord n’était pas en place. Et ça continuait aux cordes après la reprise de l’exposition… Sur le fond, le Brahms de Nagano parfois lourd et un peu pédant (cf. sa conception des indications « un poco sostenuto ») ne me passionne pas autant que son Beethoven. Mais son 4e mouvement de 3e Symphonie, mercredi, avait beaucoup d’allure.

 

On ne peut pas ne pas reprocher, en sortant épuisé et étourdi à 22 h 30 d’un concert, la singulière conception de la programmation de la part de notre directeur musical. Haydn-un Bartók pas évident-Vivier-Brahms : qui a vraiment envie de se coltiner tout ça ? Beaucoup de spectateurs connaissent désormais toutes les méandres du plafond de la Maison symphonique, qu’ils ont étudié scrupuleusement pendant Zipangu de Vivier. Quant à Pinchas Zukerman, le son de son instrument dans le registre grave est très impressionnant et la conduite musicale a encore beaucoup d’allure. Mais je n’ai pas retrouvé la ferveur de l’Adagio ni la rusticité du Finale.

UN BARTÓK SIGNÉ ZUKERMAN

Haydn : Symphonie n° 104, « Londres ». Bartók : Concerto pour alto. Vivier : Zipangu. Brahms : Symphonie n° 3. Pinchas Zukerman (alto), Orchestre symphonique de Montréal, Kent Nagano. Maison symphonique de Montréal, mercredi 21 mai. Reprises jeudi et samedi.