Philippe Brach remporte les Francouvertes: p’tite soirée d’une p’tite année, gros soir de hockey

Philippe Brach a remporté la 18e édition des Francouvertes
Photo: Jean-François Leblanc Philippe Brach a remporté la 18e édition des Francouvertes
Eh ben c’est comme le blanchissage du Canadien, pas compliqué à relater: le palmarès des 18e Francouvertes correspond à l’ordre d’arrivée sur scène. Philippe Brach s’est exécuté en premier et il est arrivé premier, Julie Blanche a chanté ensuite et elle est deuxième. Derniers en scène, les Deux pouilles en cavale ont fini derniers. 

Vite dit? Rien de bon dans le lot. Philippe Brach: la suffisance frisée avec une semi-acoustique grattée sans effort, comme qui dirait par-dessus la jambe, un doué ébloui par son don, des chansons complaisantes et franchement pas plaisantes (celle sur l’avortement, tout particulièrement). Julie Blanche: une chanteuse qui se la joue «sombre mais lumineuse» (c’est elle qui le dit) et qui nous geint complainte après complainte le même crescendo en forme de faux plat allant vers nulle part faute d’avoir trouvé des variantes à ses mornes mélodies et ses textes très ordinaires (pas de bravo au collaborateur et comparse Antoine Corriveau). Deux pouilles en cavale: groupe de néo-prog à usage interne, des as de la branlette supersonique. Après quatre titres, mille millions de notes et des fins de tounes précoces parce que jouies trop vite par les Pouilles, j’étais moi-même en cavale.

C’était à peu près ça, en pire, la finale des Francouvertes, lundi soir dans un Club Soda vraiment pas plein, rapport à ce qui se passait un peu plus à l’ouest dans le merveilleux monde du sport. P’tite soirée d’une p’tite année pour le concours. Et gros soir pour le club de hockey Canadien. On n’aurait pas cru que c’était intrinsèquement lié et inversement proportionnel. Mais c’était comme si toute l’énergie avait été sucée du Soda: ça réagissait plus aux annonces de buts comptés qu’aux chansons jouées. 

Difficile de croire que toute la sélection de départ, les soirées préliminaires et les demi-finales, tous ces votes compilés du public, ces différents jurys, aient mené à si peu de linge. Certes un concours a ses passages à vide, la donne varie, mais à ce point? Des Francouvertes si pauvres, de si navrant niveau, après les années Hay Babies, Bernard Adamus? Ça consterne, ça atterre, ça débine. Les porte-parole de cette année, Karim Ouellet et Sœurs Boulay, du seul fait d’ouvrir la soirée, donnaient la mesure de ce qu’on avait eu il n’y a pas si longtemps: des chansons qui, debout et fières, se tenaient toutes seules. Même que Mélanie et Stéphanie nous ont gratifiés d’une nouveauté, histoire de famille intitulée Les couteaux à beurre, aussi touchante que bien construite, si joliment tournée que la relève ne s’en est jamais relevée. 

C’est ça une bonne chanson, prenez-en de la graine. Faut travailler pour en accoucher. Faut trouver des refrains (le seul refrain potable de cette cuvée 2014 était signé Brach: Le matin des raisons), faut un propos. Faut moins se regarder rimer en vain, moins aligner les notes à seule fin qu’elles s’alignent. Incroyable de se sentir obligé de le préciser aux finalistes d’un concours majeur et vacciné. Allez, souhaitons-leur tous de s’éprouver sur le terrain et glaner quelques vérités de base sur le métier, et souhaitons-nous que cette année de Francouvertes ait été tout bêtement mal lunée.

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