Tétreault-Elgar : très prometteur

Pour l’Orchestre symphonique de Laval (OSL)l’accroche de ce concert, qui a rempli la Salle André-Mathieu, était le premier contact du violoncelliste Stéphane Tétreault avec le concerto d’Elgar qu’il présentera la saison prochaine avec Yannick Nézet-Séguin, à Montréal et lors de la première tournée de l’Orchestre Métropolitain.

 

À nos yeux, il y avait un attrait supplémentaire : la programmation de la splendide, rare — et très difficile pour les musiciens ! — 1re Symphonie de William Walton (1935). C’était autrement plus alléchant que de voir, samedi dernier, Kent Nagano pratiquer son Sibelius avec les étudiants du Conservatoire en vue de ne pas paraître trop perdu lors ses propres concerts en Suède cette semaine ! Je repensais à cela mercredi soir, car monter la 5e Symphonie de Sibelius n’a guère de vertus pédagogiques alors que de se mesurer à la 1re de Walton en regorgerait…

 

Alain Trudel a été téméraire de monter cette oeuvre à Laval : la 1re Symphonie de Walton fuse de toutes parts, avec des rythmes changeants et complexes. Dire que l’oeuvre a poussé l’orchestre dans ses derniers retranchements – surtout dans une salle aussi mate et intraitable — est un euphémisme, mais tant qu’à moi il est bien plus intéressant de redécouvrir une telle partition que de voir cet orchestre se pencher sur la Symphonie pastorale.

 

Le premier Elgar de Stéphane Tétreault a été très prometteur. Même si la sécheresse de l’acoustique nous privait des harmoniques du somptueux Stradivarius, la fermeté du son et la propension de Tétreault à l’échange permanent avec l’orchestre forment un terreau très intéressant. Le point fort de l’Elgar de Tétreault pourrait devenir le 2e mouvement, où le caractère furtif fuyant de l’Allegro molto évoque par moments sa légèreté de touche dans le Presto inquieto de la Cello Symphony de Britten joué l’été dernier à Lanaudière. Tétreault est assurément l’un des rares violoncellistes à avoir abordé Britten avant Elgar ! On a hâte de l’entendre à la Maison symphonique : il faudra y maintenir l’arche et la tension de l’Adagio (3e mouvement) en avançant et en ne s’écoutant jamais jouer.

 

Au début du concert, Trudel a associé avec succès et entrain à l’OSL de jeunes musiciens lavallois dans l’Intermezzo et le Finale de la St. Paul’s Suite de Holst.

ROMANTIQUE!

Holst: St. Paul's Suite (extr.). Elgar: Concerto pour violoncelle. Walton: Symphonie n° 1. Stéphane Tétreault (violoncelle), Orchestre symphonique de Laval, Alain Trudel. Salle André-Mathieu de Laval, mercredi 7 mai 2014.

1 commentaire
  • Louis Simard - Abonné 8 mai 2014 23 h 35

    quant à moi et non tant qu'à moi