Coup de tonnerre dans l’univers ensoleillé de Marième

Marième affiche la même bouille souriante, le même afro.
Photo: Bob Bouchard Marième affiche la même bouille souriante, le même afro.

Entre le lancement de son premier disque, en 2011, et aujourd’hui, Marième a gardé la même bouille souriante et le même afro. Mais ce qu’elle nous offre sur son deuxième album a pris du coffre, alors que la chanteuse a mis de côté les reprises pour se mettre davantage en évidence, sur des airs pop et reggae. Petit coup de tonnerre dans sa carrière.

 

Née à Limoilou d’un père sénégalais et d’une mère québécoise, Marième Ndiaye fait partie des meubles de la scène musicale de la capitale. Avec Karim Ouellet, elle est peut-être la facette la plus pop de son environnement musical immédiat, dont fait partie son frère, le rappeur Webster et son groupe CEA, avec qui elle a fait deux albums et un EP depuis 2003. On l’a aussi vu comme animatrice et journaliste dans diverses émissions, entre autres à Ma première Place des Arts à Matv, comme collaboratrice à Star Académie, mais aussi sur les ondes de Radio-Canada et à Musique Plus.

 

Sans en faire une biographie, Marième a voulu sur Petit tonnerre être plus fidèle à elle-même. Ce qui peut être plus ardu quand, comme sur son premier album, on reprend Laisse tomber les filles, Ce soir on danse à Naziland et autres Dis-moi dis-moi. « J’avais envie qu’on me connaisse un peu plus à travers ma musique, même si je pense avoir fait des versions réactualisées sur le premier, raconte-t-elle. Et qu’on voie les différents pans de ma personne, aussi. J’ai eu des jumeaux dans la dernière année, alors c’est plus une vie de femme, de mère, c’est plus assumé, et parfois plus sensuel, même. C’est un disque qui reste fait en groupe, les gars sont encore là, mais j’ai pris ma place autrement. J’étais rendue là dans ma carrière. »

 

En filigrane plus ou moins clair, on découvre donc ses deux « lucioles », mais aussi quelqu’un qui devient plus fort, qui veut protéger, ses enfants comme ses traditions, ce qui la définit. Le disque commence d’ailleurs avec deux morceaux plus identitaires, la pièce-titre ainsi que J’vais m’battre. « Hey yo suis-je la seule ici à vouloir parler de révolution ? / Ou s’il y en a quelques-uns avec qui je pourrais jaser solution ? », chante-t-elle.

 

« Je ne pensais pas ce qu’on dit, que les enfants, ça change une vie, mais oui ça change vraiment une vie, lance-t-elle en riant. Ta perception de la vie change. Je reçois un amour infini chaque matin, et ça donne envie d’être une meilleure personne aussi. Ça transparaît dans l’album, ce message positif, d’espoir, de lumière. »

 

Le reggae à papa

 

Petit tonnerre a pris environ deux ans à produire, dans le studio du groupe CEA à Stoneham. Bob Bouchard et Lou Bélanger sont de l’aventure avec Marième. « C’est de la pop avec des influences reggae, parce que j’en ai toujours écouté, résume la chanteuse de 31 ans. Je viens d’un background hip-hop, mais le reggae, ça jouait chez nous, par mon père et ses vieux vinyles de roots, Barrington Levy, genre, Bob évidemment. Et dans les dernières années aussi, j’ai écouté plus de dancehall, les Chronixx, Busy Signal, des trucs un peu plus électro avec des synths. J’ai voulu merger un peu les deux genres que j’aimais. C’est un mix actuel, organique, mais pop, qui fait danser. »

 

Avec Marième, on est assurément dans un univers ensoleillé, ou tout pourrait jouer à la radio FM, dont Radio-Canada, mais aussi dans les radios alternatives. C’est un peu racoleur, mais c’est aussi fait avec honnêteté, sans trop de calcul, ou sans trop regarder ce qui se fait chez le voisin, façon Karim Ouellet. C’est d’ailleurs Claude Bégin, qui a travaillé avec Ouellet mais aussi avec Alaclair ensemble, qui a travaillé à plusieurs des arrangements. « Claude, c’est une machine. Ça fait 10 ans qu’on est des amis, on a partagé la scène et bien des moments, explique Marième. Et ce qu’il a fait, on appelle ça la “claudification” ! Il a une oreille, un sens de la musique assez particulier. »

 

Ce qui anime maintenant Marième, ce sont les promesses de la scène, un endroit qu’elle affectionne particulièrement. Déjà, elle et son groupe sont à préparer les divers lancements, mais il restera à monter un spectacle complet. À noter qu’elle sera en spectacle aux FrancoFolies et au Festival d’été de Québec. « On l’a vraiment pensé pour l’énergie du show, cet album-là. Avec CEA, ça fait 10 ans qu’on fait des spectacles, c’est un gros party, un carnaval sur la scène, avec notre formule un peu DJ set, un peu soundsystem. On va propager la bonne nouvelle ! »

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En Jamaïque comme au Sénégal

Pour le tournage du premier clip de Petit tonnerre, pour la pièce Francky, Marième a passé 24 heures en Jamaïque, berceau du reggae. « C’est un peu comme dans un rêve, c’est un peu irréel, dit Marième. J’aimerais ça y retourner, travailler là-bas, aller en studio, faire des collaborations, et m’imprégner de la Jamaïque. Dans mon band, y’a Papa T, qui est de là- bas, et je voudrais y retourner avec lui. Dans le passé, je suis allée une dizaine de fois au Sénégal, et quand je suis arrivée en Jamaïque, ça m’a beaucoup fait penser au Sénégal, je me suis sentie quand même à l’aise et à la maison là-bas. »



Petit tonnerre

Marième