Fiori sans Fiori et autres solutions pratiques

Le guitariste Gabriel Gratton et Alex Nevsky en performance lors du dévoilement de la programmation en salle des FrancoFolies, mardi à Montréal.
Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir Le guitariste Gabriel Gratton et Alex Nevsky en performance lors du dévoilement de la programmation en salle des FrancoFolies, mardi à Montréal.

On admirera la débrouillardise. Du programmateur Laurent Saulnier ? De la gérance ? C’était entendu, on n’entendrait pas Fiori interpréter ses nouvelles chansons ailleurs que sur disque. On aura quand même Fiori aux Francos. Sans Fiori. Proverbial couteau sans lame auquel il manque le manche ?

 

Le spectacle Fiori à Wilfrid, révélait-on mardi matin au Café du Monument-National transformé en cocotte-minute pour le dévoilement de la programmation en salle des FrancoFolies de Montréal, 26es du nom, s’intitule Fioritudes. Les Antoine Gratton, Catherine Major, Alexandre Désilets, Marie-Pierre Arthur « et autres invités » (traduction : à déterminer) feront le Fiori nouveau et du Fiori ancien, à sa place.

 

Pourquoi pas ? Il y a demande, faut offrir. C’est de plus en plus la culture FrancoFolies : ne rien rater de gros, tout en jouant pointu. Gageons qu’une fois la programmation extérieure connue, il y aura Yoan dedans. On doit lui fourbir une grosse scène en ce moment même. Valérie Carpentier, l’élue de La voix en 2013, aura sa première montréalaise à Maisonneuve. Isabelle Boulay, marraine de Yoan, présentera plus qu’opportunément en spectacle de clôture au même endroit son Merci Serge Reggiani, en compagnie de… Philippe B. Suivez mon regard. Du noblement populaire au résolument post-hipster, les Francos veulent que tout le monde aime tout le monde et que les multitudes accourent. Ledit Philippe B., fort de son événementiel Ornithologie, la nuit, frais sorti d’avril, proposera le spectacle assorti au Gesù. Pareil pour les Hay Babies : à elles et leur premier album le Soda. Même sens du suivi pour Radio Radio, Ima, Renée Martel, Salomé Leclerc…

 

Et ceux qui n’ont pas d’album extrafrais à la coque ? On a des solutions, fions-nous à Laurent, son équipe, aux artistes et agents d’artistes. Ingrid St-Pierre s’adjoindra I Musici le temps d’un concert à Maisonneuve. Diane Tell ? Avec quatuor à cordes et l’excellent Vincent Réhel au Gesù. Le Julien Mineau de Malajube créera Fontarabie, une « symphonie psychédélique ». Pierre Lapointe, ayant déjà donné son Punkt, fera on-ne-sait-pas-quoi (le sait-il seulement lui-même ?) dans un lieu inhabituel : le Musée Grévin. Stromae ? Lui, on sait : il triomphera, les 17 et 18 juin au Centre Bell, et Karim Ouellet en profitera, lever de rideau inespéré. Soeurs Boulay ? Promues du Soda au Métropolis. Vallières ? Du Métropolis au Soda : volontaire retour à plus de proximité ? Fauve ? Reconduit du Métropolis au Métropolis : on a dû se dire que plus gros, ce serait trop.

 

Les belles visites

 

On a le poil plus que dressé à la perspective de découvrir sur scène ce que Müller Makaroff du Gotan Project auront goupillé avec l’incroyable Catherine Ringer : Plaza Francia est le nom du projet et l’album A New Tango Song Book nous parvient ces jours-ci. Caressés dans le sens du duvet, nous le sommes pareillement à l’idée de voir Émilie Simon chanter La mue. Zaz, Rachid Taha, Grand Corps Malade, La Rue Kétanou reviendront : valeurs sûres, comprend-on. Qui d’autre ? Plein d’autres, souvent programmés tard, très tard aux Katacombes ou en première partie de l’un ou l’autre gros nom, ce qui veut dire qu’on les aura vus dehors la veille : les revenants de Parabellum, Moodoïd, Salut c’est cool, François The Atlas Mountains, Peau, Éléphant, Charles-Baptiste. Permettez un petit émoi : les Innocents reformés seront à L’Astral avec Autour de Lucie, doublé chanson pop grand luxe.

 

Arrêtons là, que l’on compte nos sous, il y a une dizaine d’artistes chaque jour à l’affiche de ces FrancoFolies intérieures, qui s’étendent sur neuf des onze jours du festival (qui a lieu du 12 au 22 juin, en incluant les grandes bringues d’ouverture et de fermeture… sous le soleil et les étoiles : on peut rêver !) : les billetteries proposeront dès jeudi tout ce qui n’est pas déjà vendu (Stromae, ce fut la ruée). Notez qu’en s’abonnant à infolettrespectra.ca, la mise en vente est devancée d’une journée. Ce mercredi, quoi : débrouillardise, ça veut aussi dire fidéliser les francofous.