Disque – Deepchandi bleu, Ragleela

Il y a toujours dans cette musique instrumentale quelques parcelles de l’Inde : un sitar qui installe le raga et joue la mélodie, un raga qui se fond dans des solos de clarinette ou de guitare atmosphérique et des tablas qui lancent des cycles rythmiques complexes. Mais il y a aussi les hybrides, les accents world jazz plus vaguement indiens ou moyen-orientaux, la sensualité romantique inspirée d’un ghazal, la sanza africaine toute douce et nerveuse dans les fluides, les improvisations d’autres continents, la multipercussion de partout, les timbres des clarinettes qui remplacent ceux du violon du disque précédent. Apparaissent aussi cette contrebasse très jazz ou en sorte de gong, ces cadences caverneuses, ces bourdons de didgeridoo et même ce raga bluesy qui rappelle un air de… Faubert. À cause de tout cela, le groupe d’Uwe Neumann parvient à créer de la sérénité à travers le groove : une sorte de méditation animée et singulière.