Du jazz en deux temps, avec bien des mouvements

Le compositeur de jazz et pianiste Yves Léveillé participera au concert d’ouverture de la série Jazz en rafale.
Photo: Pascal Millette Le compositeur de jazz et pianiste Yves Léveillé participera au concert d’ouverture de la série Jazz en rafale.

Cette année, la série Jazz en rafale va se dérouler à l’enseigne du piano. Celui que l’on nomme à queue, avec ses touches ISO 9000. Comme d’habitude, cet événement va se décliner en deux temps et bien des mouvements.

 

Cette édition, la 14e pour être exact, va débuter sous le signe de l’originalité. On osera même dire de l’extrême originalité, car le 20 du mois courant deux pianistes, François Bourassa et Yves Léveillé, vont disséquer le comment et le pourquoi du ceci et du cela pendant que la percussionniste Marie-Josée Simard délivrera les ponctuations. Selon le programme, cette dernière manipule les gongs, les marimbas, les cloches tubulaires et les vibraphones. Oui ! Les vibraphones.

 

Le coup d’envoi de ce show, qui risque fort d’être une définition de la prise de risques — deux pianos et des percussions, ce n’est pas courant —, se fera entendre à 20 h tapant. À 19 h, c’est à retenir, les animateurs ont mis au programme l’un des finalistes du concours de la relève. À noter que c’est à L’Astral que seront présentés ce show et les suivants.

 

La prise de risque numéro 2 est un quartet regroupant le saxophoniste Rémi Bolduc, le pianiste Baptiste Trotignon, le contrebassiste Fraser Hollins et le batteur… Ari Hoenig ! L’invitation faite à ce dernier, ce New-Yorkais, c’est la bonne surprise de ce Jazz en rafale. Car…

 

Hoenig est le rythmicien du jazz puissant, aventureux. Du jazz qui se joue du fil du rasoir. Hoenig est également un haut-parleur de la garde de l’avant-garde. Entre Bolduc qui cisèle toujours à temps, Trotignon qui est la contradiction du mou ou de l’indifférent et Hollins qui personnifie la solidité, ce show devrait être percutant. Le 21 mars à compter de 20 h avec le 2e finaliste du concours de la relève à 19 h.

 

Le lendemain, pas moins de sept pianistes occuperont la scène de L’Astral. Ils s’appellent F. Bourassa, Y. Léveillé, Min Rager, John Roney, Josh Rager, Félix Stussi et Rafael Zaldivar. Ils proposeront des duos, des solos et autres en compagnie du Jazzlab Orchestra, animé notamment par le saxophoniste André Leroux et le trompettiste Aaron Doyle.

 

La fin de semaine suivante, soit celle du 27 au 29 y compris, bien des musiciens mis à l’affiche nous sont inconnus car vivant au loin du lointain. Du Luxembourg viendront le pianiste Michel Reis, le contrebassiste Marc Demuth et le batteur Paul Wiltgen. Des indications fournies, on conclut que le trio doit être homogène puisque les membres sont ensemble depuis 1998. La première partie sera assurée par le trio de la pianiste Emie R. Roussel. Le 28 mars.

 

La veille, le trio du pianiste israélien Shai Maestro sera maître des lieux. Le surlendemain, le Mexicain Abraham Barrera sera de la partie avant que Rafael Zaldivar écrive la fin de cette 14e édition.

 

Les billets se vendent à partir de 25 $. Tél. : 514 288-8882.

 

♦♦♦

 

Si vous voulez vous régaler comme Coleman Hawkins, Ben Webster, Zoot Sims et Buddy Tate nous ont régalé, alors n’hésitez pas : faites une OPA, hostile s’il le faut, sur le dernier album de l’immense Scott Hamilton.

 

La galette a été baptisée Swedish Ballads… More, parce qu’elle a été conçue avec des Suédois : le pianiste Jan Lundgren, le batteur Kristian Leth et le vétéran contrebassiste Jesper Lundgaard. Ces ballades du temps qui passe sous les auspices de la tranquillité et de la douceur ont été publiées par le label Charleston Square Recordings.

 

Puisqu’il est question de la Suède du début à la fin de ce petit chef-d’oeuvre, tout un chacun se doute que nos bonshommes reprennent à leur compte un des motifs musicaux si chers à Stan Getz, soit le traditionnel Dear Old Stockholm. Sinon, ils s’appliquent à mettre en relief les beautés d’originaux et d’une pièce écrite par Quincy Jones s’intitulant Trubbel.

 

Le résultat est moelleux, calme et voluptueux. Du grand art dans le sens le plus artisanal qui soit. Depuis qu’on le suit avec constance, depuis le milieu des années 70 alors qu’il avait créé la surprise en pleine dictature du jazz fusion, en soufflant les notes comme Lester Young aimait les souffler, Scott Hamilton a toujours convaincu. Cet artiste de la simplicité est un grand monsieur. Chapeau !

 

L’idée est excellente. Laquelle ? Depuis le début des années 80, Wynton Marsalis est le sujet d’une polémique à cause de ses positions sur le jazz. Les uns applaudissent, les autres le vouent aux gémonies. Bref, il ne laisse personne indifférent. Dans son dernier numéro, Jazz News propose un long entretien avec le trompettiste ainsi que les avis de plusieurs musiciens sur la question. Passionnant !

***

IMMENSE SCOTT HAMILTON

Si vous voulez vous régaler comme Coleman Hawkins, Ben Webster, Zoot Sims et Buddy Tate nous ont régalé, alors n’hésitez pas : faites une OPA, hostile s’il le faut, sur le dernier album de l’immense Scott Hamilton.

La galette a été baptisée Swedish Ballads… & More, parce qu’elle a été conçue avec des Suédois : le pianiste Jan Lundgren, le batteur Kristian Leth et le vétéran contrebassiste Jesper Lundgaard. Ces ballades du temps qui passe sous les auspices de la tranquillité et de la douceur ont été publiées par le label Charleston Square Recordings.

Puisqu’il est question de la Suède du début à la fin de ce petit chef-d’œuvre, tout un chacun se doute que nos bonshommes reprennent à leur compte un des motifs musicaux si chers à Stan Getz, soit le traditionnel Dear Old Stockholm. Sinon, ils s’appliquent à mettre en relief les beautés d’originaux et d’une pièce écrite par Quincy Jones s’intitulant Trubbel.

Le résultat est moelleux, calme et voluptueux. Du grand art dans le sens le plus artisanal qui soit. Depuis qu’on le suit avec constance, depuis le milieu des années 70 alors qu’il avait créé la surprise en pleine dictature du jazz fusion, en soufflant les notes comme Lester Young aimait les souffler, Scott Hamilton a toujours convaincu. Cet artiste de la simplicité est un grand monsieur. Chapeau !

 

À voir en vidéo