Décès d’une artiste libre

L’auteure-compositrice-interprète Angèle Arsenault à son piano dans sa résidence de l’Île-du-Prince-Édouard en 2010
Photo: La Presse canadienne (photo) L’auteure-compositrice-interprète Angèle Arsenault à son piano dans sa résidence de l’Île-du-Prince-Édouard en 2010

La chanteuse acadienne originaire de l’Île-du-Prince-Édouard Angèle Arsenault est décédée mardi à l’âge de 70ans.

 

Au Québec, elle avait connu un grand succès avec des chansons populaires et accrocheuses, dont De temps en temps moi j’ai les bleus, Moi j’mange, Je veux toute toute la vivre ma vie et Y’a une étoile pour vous.

 

Malgré son écriture optimiste et blagueuse, et ses mélodies rythmées, Angèle Arsenault était une artiste engagée qui revendiquait l’égalité entre hommes et femmes. Ses textes, écrits d’une manière légère, critiquent souvent la société de consommation. Elle a d’ailleurs pris part à de nombreux projets abordant la condition des femmes. En 1975, elle apparaît dans le film féministe Le temps de l’avant, issu de la série de six films En tant que femmes. L’oeuvre, réalisée par Anne Claire Poirier, traitait de la question de l’avortement.

 

À la fin des années 1970, elle écrit et produit avec Sylvie Toupin une pièce de théâtre à propos de la violence conjugale, intitulée Pour le meilleur et pour le pire.

 

Angèle Arsenault est née le 1er octobre 1943 dans une petite communauté de l’Île-du-Prince-Édouard. Elle a amorcé sa carrière de chansonnière alors qu’elle étudiait à l’Université de Moncton, au Nouveau-Brunswick. Elle s’est ensuite installée au Québec, où elle a obtenu une maîtrise de l’Université Laval. À Montréal, elle fait paraître son premier microsillon, Première, en 1975. La même année, un recueil des poèmes de Mme Arsenault est publié par l’éditeur Leméac sous le même titre. Le succès est venu en 1977 avec Libre, vendu à plus de 300 000 exemplaires. L’album lui a par ailleurs valu un trophée Félix.

 

« Sa façon de faire, de composer, c’était complètement différent de ce qu’on avait l’habitude d’entendre », a confié Édith Butler, collègue et amie d’Angèle Arsenault, avec qui elle avait cofondé la Société de production et de programmation de spectacles (SPPS). « C’est une fille qui s’accompagne seule au piano, avec sa guitare, pas de “ fla-flas ”. C’est le texte qui passe en premier et les mélodies étaient toujours agréables. Parfois, les textes étaient drôles, mais ils étaient profonds aussi », s’est souvenue Mme Butler.

 

Hommages

 

À l’annonce du décès de l’artiste acadienne, de nombreux politiciens ont tenu à lui rendre hommage. « C’est une grande étoile qui nous a quittés. Angèle Arsenault est une figure importante du patrimoine acadien et québécois et un emblème de la chanson. À travers sa voix et sa musique, elle aura su nous toucher, nous charmer et nous égayer avec ses messages qu’elle voulait accessibles à tous. À sa façon, elle aura façonné une partie de l’identité de l’Acadie, et du Québec par le fait même », a affirmé par voie de communiqué la première ministre du Québec, Pauline Marois. Le ministre de la Culture et des Communications, Maka Kotto, a ajouté : « Angèle Arsenault a été, tout au long de sa carrière, un rayon de soleil dans notre univers musical. »

 

Le premier ministre de l’Île-du-Prince-Édouard, Robert Ghiz, ainsi que le député néodémocrate d’Acadie-Bathurst, Yvon Godin, ont aussi exprimé publiquement leur chagrin. « Angèle était une artiste débordante de talent qui aura marqué à jamais l’Île-du-Prince-Édouard et surtout la communauté acadienne et francophone de cette province », a déclaré M. Ghiz par communiqué, mercredi. « Elle a fait rayonner l’Acadie et elle a touché le coeur des gens à la grandeur du pays et jusqu’en Europe avec ses textes empreints de réalisme et de simplicité », a pour sa part exprimé le député Yvon Godin par voie de communiqué.

 

Après avoir triomphé sur la scène musicale, Mme Arsenault a choisi de travailler dans le monde de la télévision. Elle a animé la série Angèle sur les ondes de Radio-Canada Atlantique en 1981. Elle a aussi animé et joué dans des émissions pour enfants. À la radio, elle a notamment coanimé Le Radio-café Provigo avec Benoît Marleau sur le réseau Radiomutuel entre 1986 et 1988. En 1990, elle a fait une tournée européenne et donné des spectacles en Normandie, en Bretagne et au Poitou.

 

Parmi les distinctions reçues par Angèle Arsenault, on note l’obtention de l’Ordre de la Pléiade de l’Association des parlementaires de langue française. Elle a été désignée officier de l’Ordre du Canada en 2003 et a fait partie des lauréats de l’Ordre de l’Île-du-Prince-Édouard en 2005.

 

Angèle Arsenault était considérée comme une ambassadrice de la culture acadienne.

Avec La Presse canadienne

 

2 commentaires
  • Di Stradart - Inscrit 27 février 2014 09 h 05

    J'espère qu'il y a quelques personalités du milieu artistique qui qui se sentent mal! Angèle Arsenault était une artiste intègre qui s'est fait avoir misérablement par certains de nos artistes requins qui se reconnaissent sûrement...

  • Yvette Lapierre - Inscrite 27 février 2014 12 h 57

    Comme Georges Langford?

    @ Di Stradart

    je n'ai pas vraiment suivi sa carrière tout en reconnaissant son très grand talent, voulez-vous dire qu'elle s'est fait rouler tout comme Georges Langford?